Randonnées en vallée : quand le plaisir l’emporte sur le danger

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Randonnées, baignades en rivière et escapades dans les vallées attirent chaque année des milliers de personnes à Tahiti. À l’approche de la saison des pluies, Marama Nui renforce ses actions de prévention autour de ses installations hydroélectriques, où certains promeneurs continuent de franchir les interdictions malgré les dangers.

Profiter de la fraîcheur d’une rivière, partir en randonnée ou s’aventurer au cœur d’une vallée : ces activités séduisent de nombreux habitants et touristes tout au long de l’année. Mais derrière ces décors naturels se cachent des risques parfois sous-estimés, qui s’accentuent avec le retour de la saison des pluies.

Matériel inadapté, imprudence des promeneurs ou brusque dégradation des conditions météorologiques : les causes d’accident sont nombreuses. À l’approche de la saison des pluies, Marama Nui, qui gère les installations hydroélectriques de Tahiti, veut de nouveau sensibiliser le public.

« L’objectif, c’est que tout le monde ressorte le soir en bon état, en bonne santé et surtout qu’il n’y ait plus de drame parce que chaque année, à l’approche de la saison des pluies, là, on va essayer de repasser des messages, il y a des drames qui ne devraient pas arriver », insiste Yann Wolff, directeur général de Marama Nui.

Sur les sites concernés, des panneaux signalent les interdictions et les dangers. Une signalétique qui ne suffit pourtant pas toujours à dissuader les visiteurs. Certains reconnaissent avoir volontairement poursuivi leur chemin malgré les avertissements.

« Oui, on l’a vu, mais on voulait quand même voir la vue déjà d’en haut, on voulait le voir. Moi, c’était plus mon excitation d’être en haut », confie Hinau, une randonneuse.

Même constat du côté d’Anotai et Tuheiarii : « Oui, on ne fait pas trop attention… c’est vrai, mais il faut pas faire ça, il faut justement faire attention aux risques. » Lorsqu’on les interroge sur les raisons qui les ont conduits à franchir les interdictions, ils répondent : « Le plaisir, il reste toujours plus fort. Oui, mais on prendra quand même quelques précautions. On y pensera, peut-être qu’on ne le fera pas plus. »

D’autres promeneurs estiment toutefois que les panneaux ne sont pas toujours suffisamment explicites. « Peut-être un manque de clarté parce que ce panneau-là, on l’a vu aussi un petit peu plus bas avec la maison où il y a le premier petit barrage, mais on l’a vraiment compris comme il ne faut pas aller vers la maison et pas essayer d’aller se baigner. Donc, on a continué sur le chemin, mais on ne l’a pas entendu comme le chemin est interdit, en fait », expliquent Maïwenn et Vincent.

Jusqu’à 20 000 visiteurs par an

Face à la fréquentation croissante de certains sites, Marama Nui adapte ses dispositifs de prévention. « Aujourd’hui, on parle de 10 à 20 000 personnes par an ici sur le site. Donc, nous, on est obligé de revoir un peu nos procédures, notre affichage… parce qu’on est face à une population différente. Il y a des gens qui ne connaissent pas du tout la problématique météo. Il y a des gens qui ne vont pas être affolés par la couleur des montagnes, c’est-à-dire que quand l’eau devient chocolat, le message est clair, c’est dangereux, sauvez-vous », prévient Yann Wolff.

Les infrastructures hydroélectriques représentent elles aussi un danger potentiel. Chutes accidentelles ou électrocution : certains visiteurs s’exposent à des risques importants en détournant les équipements de leur fonction.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Par exemple, derrière moi, ce n’est pas un plongeoir, c’est une grille qui sert à faire de l’hydroélectricité. Donc, si vous voulez vous balader dans la vallée, si vous voulez vous baigner dans la rivière, ce qui est super agréable, faites-le, mais ne faites-le pas sur la grille. Tous les week-ends, ici, c’est le plongeoir. Et ce qu’on ne veut pas, c’est finir avec des barbelés, refaire Tatutu, on n’est pas à la prison de Papeari ici », souligne le directeur général de Marama Nui.

À l’approche de la saison des pluies, le producteur d’énergie appelle chacun à faire preuve de prudence et à respecter les interdictions. L’objectif est d’éviter de nouveaux drames, mais aussi que la multiplication des comportements dangereux ne conduise, à terme, à la fermeture de ces espaces aux randonneurs.

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