Un cyclone fictif, mais des enjeux bien réels. Ce jeudi, le haut-commissariat a activé son centre opérationnel dans le cadre de l’exercice « Cyclone 2026 ». Le scénario imaginé par les autorités repose sur des conditions météorologiques favorables à la formation d’une dépression tropicale susceptible de toucher plusieurs archipels polynésiens.

Pour corser l’exercice, les équipes ont dû anticiper les conséquences d’un phénomène pouvant affecter à la fois les atolls des Tuamotu et les îles de la Société. Une situation particulièrement complexe, compte tenu de l’éloignement des îles, de la présence de touristes et de la concentration des moyens de secours à Tahiti.
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« On a essayé de complexifier un peu la tâche, mais parce que ça peut arriver, concrètement », explique Alexandre Rochatte, haut-commissaire de la République en Polynésie française.
Des renforts prépositionnés avant le passage d’un cyclone
Parmi les évolutions de cette édition, la possibilité de mobiliser des renforts nationaux avant même l’arrivée d’un phénomène cyclonique. Une liaison avec le centre opérationnel de Paris a permis de valider, dans le cadre de l’exercice, le principe d’un prépositionnement de personnels et de matériels.
Une stratégie inspirée notamment des enseignements tirés du cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024.
« Le retour d’expérience, c’est qu’on avait pré-positionné là-bas des militaires et des pompiers. Et ça a été très utile parce qu’ils ont pu intervenir immédiatement après le passage du cyclone », souligne Alexandre Rochatte.
Sur place, plusieurs cellules spécialisées ont été mobilisées : transports maritimes et aériens, réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications, gestion des touristes ou encore anticipation des besoins.
« L’objectif, c’est vraiment comment s’organiser pour être au plus près des besoins, identifier les vulnérabilités, les contraintes qui vont nous arriver dessus dans les prochaines heures ou les prochains jours », précise la colonelle Cécile Macarez, directrice de la protection civile au haut-commissariat.
Les communes sont également associées à cette préparation, notamment à travers leurs plans communaux de sauvegarde et la mobilisation de leurs services de secours.
À l’hôpital aussi, l’anticipation est essentielle
Pour les équipes médicales, l’enjeu est de garantir la continuité des soins, même lorsque les déplacements deviennent impossibles.
« On a 24, 48, 72 heures pour se préparer », explique le docteur Bertrand Remaudière, chef du SAMU et directeur du centre médical de crise du Centre hospitalier de Polynésie française.
Sécurisation des stocks de médicaments, alimentation en eau et en électricité, protection des patients et du personnel : chaque détail compte. En cas de cyclone, l’hôpital pourrait être contraint de fonctionner en autonomie pendant 24 à 48 heures, avec des équipes mobilisées sur place.
Le SAMU envisage aussi, selon les besoins, de prépositionner du personnel et du matériel médical à bord d’avions mis à l’abri dans d’autres archipels, afin de faciliter les interventions après le passage du phénomène.
La population appelée à se préparer dès maintenant
Si les autorités affinent leurs dispositifs de gestion de crise, elles rappellent que la prévention commence aussi à l’échelle de chaque foyer.
Vérification des toitures et des ouvertures, élagage des arbres, constitution d’un kit d’urgence et de réserves d’eau : autant de précautions à prendre avant le début de la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril.
« Il faut que chacun se prépare à affronter un cyclone ici en Polynésie française », insiste Alexandre Rochatte.
Même en l’absence de cyclone, les autorités redoutent les conséquences d’épisodes de fortes précipitations, susceptibles de provoquer des inondations et des glissements de terrain.
Depuis début octobre, une cellule réunissant les services de l’État et du Pays se retrouve tous les quinze jours pour suivre l’évolution de la situation. Le 27 octobre, Météo-France doit présenter ses prévisions pour la saison cyclonique 2026-2027, qui permettront de préciser les risques pour les prochains mois.



