Cannabis thérapeutique : neuf producteurs formés pour lancer la phase pilote

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Le projet du Pays visant à développer une filière locale autour du cannabis thérapeutique franchit une nouvelle étape. Les neuf agriculteurs sélectionnés pour la phase pilote sont désormais formés. Leur priorité : produire du CBD sans jamais dépasser le seuil réglementaire de 0,3 % de THC.

Pour cette phase pilote, pas question de planter directement dans le sol. Les producteurs devront cultiver leurs plants dans des pots, avec du terreau, du compost, ou grâce à des systèmes hydroponiques ou aquaponiques.

Cette précaution s’explique par la capacité du cannabis à accumuler certains éléments présents dans la terre. Quelle que soit la méthode choisie, un chiffre rythmera toute l’expérimentation : le taux de THC ne devra pas dépasser 0,3 %.

 

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« La liberté est laissée à chacun des pots à cultiver comme il veut, mais la condition c’est : hors sol. En se basant sur les données établies par les semenciers chez eux, ils ont analysé leurs plantes, ils ont répété le processus plusieurs fois, donc ils savent très bien qu’il nous faudra récolter la plante à la huitième semaine, surtout, et pas après, parce qu’ils savent très bien que si on dépasse au-delà de huit semaines, on va dépasser le taux de 0,3 % de THC », indique Philippe Cathelain, producteur pilote.

Cinq semences ont été sélectionnées : trois proviennent des États-Unis et deux sont inscrites au catalogue européen. Chaque producteur doit recevoir 500 graines d’ici à la fin de l’année.

L’objectif est d’enchaîner cinq cycles de production afin de multiplier les données et de vérifier si ces variétés s’adaptent aux conditions locales.

« Le tout maintenant est de voir si les expériences, les expérimentations, les données, qu’ils ont dans leur catalogue de semences se répliquent également selon nos conditions agricoles et de climat que l’on peut avoir sur notre territoire », explique Taivini Teai, ministre de l’Agriculture.

Cette expérimentation grandeur nature sera suivie de près par la direction de l’Agriculture. Des analyses seront menées tout au long du développement des plants.

« On va faire plusieurs analyses à trois temps précis du cycle de floraison : au début, au milieu et en fin de floraison, donc à la récolte, afin d’avoir une courbe de taux de THC et CBD. Et en même temps, ce qui nous permettra par la suite de définir la bonne période de récolte où on est dans les clous, en fait, on est en dessous des 0,3 % de THC », précise Tetia Peu, ingénieure agronome à la direction de l’Agriculture.

La phase pilote doit s’étendre sur un an. Elle permettra de déterminer si la Polynésie peut produire localement du CBD, destiné notamment à la fabrication d’huiles ou de produits cosmétiques, tout en restant sous le seuil réglementaire de 0,3 % de THC. Si ce taux est dépassé, les plants concernés seront détruits.

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