« Le temps présent est façonné par le passé ». Cet adage, la commune de Arue s’en inspire depuis deux ans pour accompagner ses administrés avides de découvrir leurs généalogies. Roxanne Teoru, agent de la commune en charge de la culture, a permis à Moerai de combler ce manque d’information.
« C’est une fierté de se dire que je descends de telle personne. Là on découvre que nos ancêtres sont des arii. Aujourd’hui, la jeunesse ne sait pas d’où elle viet. Ils sont bloqués juste sur eux et leurs grands-parents », constate Moerai.
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Un travail personnel dont elle s’est prise de passion. Elle vient de décrocher son diplôme universitaire en généalogie. Des connaissances qui lui permettent d’aider d’autres personnes dans leur quête.
« Ce n’est pas facile de pouvoir faire une généalogie quand tu sais qu’au niveau financement, c’est assez compliqué. Je me suis dit : ‘pourquoi pas aider la population de Arue à se projeter sur la généalogie’. »
Ces recherches s’appuient principalement sur les archives numériques de l’église mormone et du Service du patrimoine archivistique audiovisuel de Polynésie, accessibles gratuitement. Des ressources qui ne permettent pas de tout éclairer.
« Ce sont vraiment les secrets de famille qui n’arrivent pas à sortir, malgré le fait que tu essaies d’aller creuser, de poser des questions. C’est ça qui bloque le plus. Après, il y a eu des histoires de viols aussi. Il y a les enfants fa’amu aussi. Il ne faut pas oublier les enfants fa’amu. Les enfants fa’amu, on ne sait pas trop où les placer exactement sur un arbre », explique Anette, une habitante de la commune.
Et celle-ci d’ajouter : « Il y a eu des tabous dans la famille, des secrets familiaux qui ont fait qu’on n’a pas pu remonter plus loin. Mon arbre à moi, il manque des prénoms et je ne le trouverai pas. En tout cas, c’est compliqué parce qu’il y a souvent les tabous dans la famille et ça ne lâche pas. »
Au-delà du besoin de retrouver ses ascendants, certains administrés font ce travail de recherche pour assoir leurs droits de propriété comme l’explique Roxanne Teoru.
« On ne va pas se cacher, ce sont d’abord les affaires de terre. Mais pour pouvoir travailler sur les affaires de terre, il faut déjà savoir son appartenance, connaître ses arrière-grands-parents et puis le propriétaire de la terre. Certains ne connaissent que la terre mais ne connaissent pas le propriétaire ou bien connaissent le propriétaire mais ne connaissent pas la terre. Du coup, si tu ne connais pas ta généalogie, tu ne connais pas ton histoire, tu ne connais pas l’histoire familiale et l’histoire du foncier », dit-elle.
Mais un arbre généalogique n’a pas force de preuve et des actes de naissances ou de décès doivent être produits pour une reconnaissance officielle. Des documents précieux consultables en ligne selon leurs dates de production.
« Il faut que les personnes soient décédées 100 ans avant. Avant 100 ans, il est demandé aux familles de se diriger vers les mairies », indique Roxanne Teoru
Au total 20 familles auront participé à ce travail de recherches et exposeront leurs arbres généalogiques dans les locaux de la mairie de Arue du 26 au 30 octobre.



