Bassin olympique à Aorai : « On a beaucoup plus de marge de manœuvre », assure Vanina Pommier

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Invitée du journal ce samedi, la ministre des Sports Vanina Pomier est revenue sur le changement de stratégie concernant les épreuves de natation des Jeux du Pacifique 2027. Le gouvernement mise désormais sur un projet de bassin homologué à Aorai. Malgré un calendrier serré, à 14 mois de l'échéance, la ministre se veut rassurante sur la viabilité du projet, le soutien de l'État et la préparation des athlètes polynésiens.

TNTV : Le président Moëtai Brotherson affirme que malgré cet énième changement de cap, le rétroplanning reste tenable. Mais concrètement, relancer un appel d’offres aujourd’hui, à seulement 14 mois de l’échéance, n’est-ce pas jouer avec le feu ?
Vanina Pomier, ministre de la Jeunesse et des Sports : « On part sur un tout nouveau projet. Le projet précédent, avec tous les risques qu’il comprenait, a dû être arrêté pour toutes les raisons qu’on a expliquées (…). Aujourd’hui, grâce à la venue du Pacific Games Council, grâce aux différentes discussions qu’on a pu avoir avec les différents acteurs, les différents partenaires que nous avons, on a réussi à trouver un terrain d’entente sur une option qui est viable et qui, à première vue, reste tenable et acceptable au vu de tous les enjeux. Les risques restent les mêmes, nos contraintes restent les mêmes, et donc notre objectif, c’est de pouvoir simplement livrer ce qui est nécessaire à la tenue de la compétition des épreuves de natation. On a été clair avec le PGC et les différentes discussions que nous avons eues, on parle d’un bassin de 50 mètres, de 10 couloirs homologués pour enregistrer tous les records. Le planning est encore à définir. Ce qui est certain, c’est qu’on a beaucoup plus de marge de manœuvre aujourd’hui parce qu’on est sur un projet beaucoup plus simplifié comparé au précédent » .

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TNTV : Est-ce que les entreprises locales sont capables de monter ce bassin olympique à Aorai dans un délai aussi serré ?
V.P : « Le montage du bassin, c’est l’entreprise spécialisée, qui a été utilisée pour les Jeux olympiques (…). En termes de savoir-faire, tout le monde a toute confiance en elle, c’est pour ça qu’on est vraiment confiants sur cette partie-là. L’idée, c’est qu’ils construisent le bassin, ils viennent et ils le montent. Sur la partie bassin uniquement, au vu des critères très réglementaires, des aspects techniques pour les épreuves de compétition, c’est très important. Au niveau de ce qui sera autour, étant donné qu’on a vraiment réduit le projet au minimum pour le bassin, on est confiants sur cette partie-là également. »

 

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TNTV : Le 23 avril, votre prédécesseur avait surpris tout le monde. Il déclarait que les épreuves de natation auraient lieu à Tiperui, une option que vous aviez qualifiée d’irréversible il y a quelques jours, et pourtant ce sera à Aorai. Le PGC a été très ferme sur ce point ?
V.P : « Ce sont des échanges qu’on n’avait pas encore eus. L’idée, c’était que le projet précédent n’était plus viable et c’est la raison pour laquelle on a dû arrêter. Après, je pense que l’objectif, c’est vraiment de faire ce qu’il y a de mieux pour nos athlètes, et donc de se voir tous ensemble et de se mettre autour d’une table, c’est ce que ça a permis. On a réussi à trouver le juste équilibre entre ce dont les athlètes ont besoin pour performer et ce que le Pays est en capacité de produire. Donc je pense surtout que les échanges ont été plus que bénéfiques pour le mouvement sportif et spécialement pour la natation » .

TNTV : Le président de la fédération de natation, Michel Sommers, dit clairement qu’on a perdu du temps avec les changements de projet.
V.P : « On a perdu du temps parce que je pense qu’il nous manquait du dialogue, ce qu’on a réussi à rétablir aujourd’hui. On a réussi à simplement s’accorder avec le Conseil des Jeux du Pacifique, le comité organisateur et le mouvement sportif sur les Jeux qu’on veut et les Jeux qu’on est en capacité de produire. On veut des Jeux qui représentent la Polynésie française, ce qu’on est en capacité de faire, mais surtout des Jeux qui sont soutenables pour le Pays et viables. Et c’est ce que je retiens surtout de cette visite, c’est qu’on est tous sur la même longueur d’onde » .

TNTV : Nos nageurs visent jusqu’à 10 médailles d’or à domicile. Les conditions sont-elles aujourd’hui réunies pour y parvenir ?
V.P :
« Je pense que leurs dernières compétitions et les derniers résultats parlent d’eux-mêmes. On a un comité olympique qui suit vraiment les nageurs, on a une fédération tahitienne de natation qui fait un boulot remarquable sur cette partie-là. Sur la préparation des athlètes, je n’ai aucun doute sur ça. Nous, on va faire en sorte qu’ils puissent performer pour les Jeux du Pacifique dans des bassins qui le permettent » .

TNTV : Le président du PGC se montre diplomate et confiant, il le dit dans le reportage, mais on se doute que les instances internationales mettent la pression en coulisses. Est-ce que le PGC vous a fixé une date limite absolue pour le premier coup de pioche à Aorai ?
V.P : « La limite qu’on a, c’est la cérémonie d’ouverture des Jeux du Pacifique, donc le 24 juillet. Il faut que toutes les infrastructures accueillant des compétitions pour les épreuves de compétition soient prêtes. C’est ce qu’on fait, c’est ce qu’on fera, et c’est ce qui sera livré pour les Jeux du Pacifique » .

TNTV : Le terrain de Aorai n’appartient pas au Pays, mais à l’église. Avez-vous un accord certain de pouvoir jouir du foncier ?
V.P : « Les discussions que nous avons jusque-là ont toujours été des discussions favorables aux différents projets. Le projet précédent, c’était le lieu identifié pour repositionner le bassin de 50 mètres. On est confiants sur la continuité, mais c’est évidemment des discussions qu’on doit reprendre » .

TNTV : Côté financement, tout est validé ? Est-ce que l’État sera toujours aux côtés du Pays ?
V.P : « Hier soir, en tout cas, en réunion avec l’État, le PGC et le mouvement sportif, l’État nous a confirmé son soutien. On reste dans l’optique de pouvoir travailler ensemble sur ces bassins, comme on fait énormément sur d’autres projets liés aux Jeux du Pacifique » .

TNTV : Un mot de boxe, enfin. Le PGC reconnaît les fédérations de boxe affiliées à la Fédération internationale, donc la World Boxing, donc celle d’Ismaël Tahiata. Or, le pays a accordé la délégation de services publics à la fédération de Tahiti Nena, la Polynesian Boxing Association. Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce que vous allez faire marche arrière et reconsidérer cette DSP ?
V.P : « Encore une fois, une délégation de services publics, ce n’est pas un contrat qu’on passe avec une fédération uniquement avec l’objectif des Jeux du Pacifique, même si pour le mouvement sportif, ça reste un rendez-vous incontournable et très important. Une délégation de services publics, c’est beaucoup plus et c’est un contrat qu’une fédération et le Pays concluent ensemble pour jusqu’à 2032. Donc, on ne va pas revenir en arrière parce que c’est vraiment quelque chose qui permet de structurer le mouvement et la discipline. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’au niveau des fédérations locales, il faut qu’on se mette à travailler pour que nos athlètes puissent être représentés pour les Jeux du Pacifique en 2027 » .

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