L’audition de Te Tia Ara par l’Autorité Polynésienne de la Concurrence (APC) s’est tenue mercredi dernier. Une étape très attendue par l’Association de défense des consommateurs polynésiens, faisant suite à une plainte visant à faire reconnaître le caractère abusif des pratiques commerciales d’Onati, filiale de l’Office des Postes et Télécommunications (OPT).
Au cœur du litige : le prix de son abonnement à la fibre, tout abonné devant s’acquitter d’un abonnement mensuel supplémentaire de 3565 Fcfp pour une ligne fixe « fantôme » et « imposée« , écrit l’association dans un communiqué. Un tarif d’autant plus incompréhensible selon elle que les voisins Calédoniens, depuis le 1er décembre 2025, peuvent bénéficier d’un accès internet simplifié sans ligne fixe (1 Gb/s) pour 2300 Fcfp par mois, moins qu’avant l’accord entre l’OPT-NC et le gouvernement calédonien.
Un montant qui, expliquait alors la direction d’Onati à Radio 1, n’est pas une charge indue mais un « pilier de la péréquation tarifaire », l’OPT justifiant ce maintien par la continuité de service pour les archipels éloignés et l’investissement dans ses infrastructures, de la fibre aux satellitaire (OneWeb) en passant par les câbles sous-marins. Tout en admettant que le découplage entre le fixe et l’internet allait dans le « sens de l’histoire » .
Un « racket » dénoncé devant l’APC
Les griefs de Te Tia Ara ne datent pas d’hier : « arnaques » , « racket » , « publicité mensongère » : pour l’association, cet abonnement supplémentaire au réseau cuivre – par lequel transitent les appels fixes – est imposé « sans motif technique valable » . « Le téléphone, internet et les réseaux audiovisuels sont tous acheminés désormais par le réseau fibre et ne nécessitent plus l’ancienne ligne cuivre, ainsi qu’ONATI l’explique elle-même sur un schéma diffusé auprès de ses clients » , écrit-elle.
Les opérateurs concurrents de l’OPT, Vodafone ou Viti, eux, répercutent ce coût de « ligne » sur leurs propres clients. La pétition lancée par Te Tia Ara en 2022, dénonçant déjà ce forfait, avait recueilli près de 6000 signatures, avec le soutien de Vodafone.
« Notre association avait salué l’instauration de la concurrence dans le secteur des télécommunications en Polynésie française car on lui avait promis que la concurrence allait faire baisser les prix. Mais que constate-t-on aujourd’hui ? Que les vieux réflexes du monopole ont la dent dure. Il est plus facile d’aller prendre dans la poche des consommateurs de notre Pays l’argent qui fait défaut plutôt que d’entreprendre des réformes courageuses pour renforcer la productivité et les services rendus aux usagers » , écrit l’association, mentionnant un rapport de la Chambre territoriale des Comptes, daté de 2015. Suite à sa publication, l’OPT promettait alors de se « tourner vers l’avenir » .
Plus de dix ans plus tard, pour Te Tia Ara, le constat est cinglant : les consommateurs polynésiens sont la « vache à lait de l’OPT » et des « décideurs » publics.
L’instruction de l’APC est toujours en cours.



