Le parcours de Francis Mahinepeu, a tout de celui de l’élève modèle. Tout jeune déjà, il est attiré par ce qui touche à la justice. « Quand on est petit, on veut rendre justice à tout ce qui se passe autour, on veut essayer de régler les problèmes autour de nous. »
À 10 ans, il prend des cours particuliers de chinois. Une langue dont il choisit de poursuivre l’apprentissage à l’école. Il part même un an dans l’Empire du milieu grâce à une bourse d’étude et au soutien de l’association Hei Taina. Une expérience qui lui offre tôt un très bon bagage.

En classe de 4e, Francis fait un stage avec une avocate du fenua, Me Pamela Fritch. C’est une révélation : « Ça m’a énormément inspiré. Ça a été ma première découverte de la profession ».
Après le bac, il se rend dans l’Hexagone. « J’ai passé mes deux premières années de licence à l’université Paris-Saclay en parallèle avec un diplôme universitaire en chinois-anglais, donc justement parce que j’ai fait ce voyage en Chine. Ensuite j’ai fait une année d’échange à l’université de Trinity College Dublin à Dublin en Irlande et après ça j’ai voulu me spécialiser en droit international des affaires puis en droit anglais nord-américain des affaires à l’université de la Sorbonne, Paris-Enfrance-Sorbonne.«
Il décide ensuite de profiter d’un partenariat entre son université et celle de New York pour poursuivre ses études outre Atlantique. « J’ai fait l’école de droit de Fordham à New York l’année dernière pour un master de droit en propriété intellectuelle et en droit d’information et de la technologie. »

Originaire de Tahaa, le jeune homme travailleur et curieux, est désormais avocat à New York. Bien sûr, sa famille et sa terre lui manquent mais Francis ne prévoit pas de revenir de suite au fenua. Il rêve de faire une carrière aux Etats-Unis, « et pourquoi pas dans d’autres pays anglosaxons. Mais évidemment comme je le disais, mon grand-père a cet adage qui est « N’oublie jamais d’où tu viens ». Donc je pense qu’à un moment donné je me vois rentrer au fenua et essayer de faire quelque chose ici, peut-être pas dans le monde du droit, apporter ma pierre à l’édifice pour le fenua, les jeunes. Mais c’est encore trop tôt pour moi pour me projeter sur un retour ici. »
Sa réussite a de quoi faire rêver, mais Francis insiste, « ce n’est pas venu comme ça » : « il y a eu énormément de moments de doute, moments de désespoir, de pleurs, de travail, d’acharnement, d’efforts psychologiques, physiques, tout ce que vous voulez ». Il faut « persévérer et se dire un, je crois en moi, deux, je sais qui je suis, je sais d’où je viens et trois, je peux y arriver. Et ce rêve que j’ai, je peux l’atteindre ».
S’il peut déjà exercer, Francis prêtera officiellement serment prochainement.



