La tempête avant le calme?
Dans un communiqué publié ce jeudi, quelques heures avant la reprise des négociations – ce vendredi matin -, l’intersyndicale ATIM-PH–SPPPF a annoncé un durcissement du mouvement de grève des personnels des établissements publics de santé. Dans un contexte tendu, les syndicats estiment que la réponse du gouvernement de Moetai Brotherson ne répond pas aux difficultés de recrutement et de fidélisation des professionnels.
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« Depuis le début de cette mobilisation, nos revendications portent sur l’attractivité du service public de santé et sa capacité à recruter et à fidéliser les professionnels nécessaires aux soins des Polynésiens. Notre refus des propositions gouvernementales répond à cette exigence : obtenir des mesures à la hauteur des difficultés rencontrées et un calendrier adapté à l’urgence », écrivent-ils.
L’intersyndicale conteste notamment la présentation de deux hausses de rémunération de 15 %. Ces annonces, écrit-elle, ne correspondent pas aux propositions soumises aux représentants syndicaux pendant les négociations. Elle souligne que l’éventuelle seconde hausse, prévue en 2028, n’est pas garantie et que le dispositif s’accompagnerait d’une réduction de moitié de la rémunération des gardes.
Les syndicats demandent des garanties écrites sur le maintien de l’ancienneté, les reclassements et la rémunération de la permanence des soins, ainsi que des simulations permettant de mesurer les effets réels de la réforme.
Ils s’appuient sur l’étude commandée par le ministère de la Santé pour défendre leur diagnostic sur le manque d’attractivité des postes de praticiens hospitaliers. Selon leur lecture du document, à échelon identique, le rapport entre la rémunération d’un praticien hospitalier en Polynésie et celle d’un confrère en France hexagonale est de 1,04 au premier échelon et de 0,94 au dernier. Il est inférieur à 1 sur six des treize échelons.
L’écart serait plus important avec les départements et régions d’outre-mer (DROM), où les rémunérations atteindraient 1,28 fois celles de Polynésie dès le premier échelon, puis plus de 1,40 à partir du neuvième.
Autre revendication : la création d’une indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) locale pour les médecins hospitaliers consacrant l’intégralité de leur activité à l’hôpital. Cette prime, versée en France et dans les autres territoires ultramarins, n’existe pas en Polynésie française. L’étude ministérielle préconiserait sa mise en place.
L’intersyndicale juge également insuffisante la prolongation de certains contrats dérogatoires, dont la durée maximale a été portée de huit à douze ans par l’Assemblée le 15 octobre. Pour les syndicats, cette mesure ne remplace pas un statut ordinaire suffisamment attractif pour recruter durablement des médecins.
Ils critiquent par ailleurs le report des réformes au nom de la crise pétrolière, estimant que les difficultés du système de santé auraient dû être anticipées. Ils demandent notamment que le gouvernement évalue le coût de cette attente, entre instabilité des équipes, interruptions d’activité et évacuations sanitaires évitables.
Les organisations refusent enfin que les différents corps de métier soient opposés les uns aux autres et plaident pour une approche globale de la santé publique.
« La sortie du conflit exige des réponses sur le fond. Nous demandons au gouvernement de reprendre les négociations et de présenter des engagements précis, assortis d’un calendrier clair », conclut l’intersyndicale.



