Décolonisation : les Etats-Unis demandent la fin du mandat de la Quatrième commission de l’ONU

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Alors que les États-Unis demandent la suppression de la Quatrième Commission de l'ONU, qu'ils accusent de « posture idéologique » et de gaspillage, la Pacific Conference of Churches monte au créneau. L'organisation œcuménique dénonce une tentative dangereuse de réduire au silence les peuples du Pacifique et les territoires non autonomes.

Indépendantistes et autonomistes étaient réunis il y a peu à l’ONU pour demander l’envoi d’une mission au fenua. Cette semaine, les États-Unis demandent la fin du mandat de la Quatrième Commission de l’ONU (Commission politique spéciale et de la décolonisation), estimant qu’elle a « perdu sa raison d’être initiale ».

« Le Comité spécial a perdu sa raison d’être initiale, alors que plus de 80 anciennes colonies ont, depuis, rejoint l’ONU en tant qu’États membres, a déclaré en séance Tammy Bruce ambassadrice américaine adjointe à l’ONU. Malgré cela, le Comité spécial continue de fonctionner comme si rien n’avait changé. Réexaminer les mêmes textes chaque année constitue une perte de temps et de ressources pour l’ONU, tout comme le sont les déplacements annuels des membres du Comité spécial vers des lieux de villégiature dans les Caraïbes et dans le Pacifique Sud. (…) Le Comité spécial ne doit pas parler pour ces peuples ou intervenir dans les affaires internes d’un État souverain et ses relations avec ses territoires. Enfin, et le plus inquiétant, le Comité spécial est devenu un lieu de posture idéologique, plutôt qu’un forum concentré sur les personnes qu’elle doit servir. » L’ambassadrice a par ailleurs vivement critiqué les visites régionales dans le Pacifique.

 

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Dans un communiqué, la « Pacific Conference of Churches », organisation œcuménique représentant les Églises chrétiennes de la région Pacifique, a réagi, rejettant l’appel des Etats-Unis à mettre fin au mandat de la 4e commission. « Lors de la Quatrième Commission (Questions politiques spéciales et de la décolonisation) le 15 octobre 2026, les États membres ont approuvé plus de 20 résolutions sur la décolonisation, dont beaucoup avaient été recommandées par le C-24, souligne l’organisation. À la demande des États-Unis, chaque projet a fait l’objet d’un vote enregistré, y compris les résolutions relatives aux six territoires du Pacifique, qui sont normalement adoptées par consensus. Les États-Unis et Israël ont été les seuls États à voter contre chacune d’entre elles.« 

L’organisation rappelle que ses Eglises membres, dont l’Eglise protestante Maohi, « n’ont pas attendu que d’autres parlent en leur nom. Elles ont porté elles-mêmes la cause de leur peuple devant l’ONU ».
« Ce sont ces voix que le C-24 a pour mission d’écouter. Mettre fin à son mandat reviendrait à les réduire au silence« , déclare l’organisation.



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