Le président de l’Assemblée Antony Géros a organisé une rencontre à l’Ambassade de Sainte Lucie, un tout petit pays qui préside le C24 : le Comité spécial de décolonisation. L’ambassadrice qui le préside, Menissa Rambally a prêté une oreille attentive à la délégation polynésienne. « Jusqu’ici, on venait avec les couleurs qu’on avait. Chaque délégation rencontrait séparément la représentante du C24, explique Antony Géros. Sauf que cette fois-ci, on est venus institutionnellement. M. Moetai représentant l’exécutif du pays et moi avec ma délégation représentant la partie législative. Et à l’unisson, on a demandé pratiquement la même chose. On lui a demandé la possibilité d’intervenir auprès de l’Etat français pour obtenir l’autorisation de pouvoir permettre à une mission de visite onusienne de venir dans notre pays pour rencontrer les partenaires de la vie sociale, de la vie civile, de la vie politique, de la vie confessionnelle de notre pays. Et ensuite, à partir de là, de construire ce qu’on appelle un programme de travail pour informer la population sur les options possibles futures du pays. Et ensuite, obtenir de l’Etat français l’ouverture du dialogue. Parce qu’il y a des sujets qui relèvent, qui demandent des réponses de la part de l’Etat. D’autres sujets qui peuvent se traiter qu’entre ceux du pays. »




Les élus polynésiens veulent profiter de ces quelques jours à New York pour convaincre un maximum d’Etats que la France doit accepter une mission du C24 au fenua. « Plus il y a de pays qui vont s’adresser à la France en disant qu’il est peut-être réellement temps de démarrer ce dialogue et d’avoir cette mission, puisque là, contrairement aux autres années, vous avez tous les partis qui sont là, les indépendantistes et les autonomistes, donc c’est une occasion à saisir. C’est ce qu’elle nous a dit de manière très forte, rapporte le président du Pays Moetai Brotherson. Elle nous a dit que ce que vous avez fait cette année, ce que vous avez réussi à faire, c’est une inspiration pour le comité des 24, et donc ce serait dommage de rater cette occasion. »
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Les forces politiques polynésiennes sont donc unies pour gravir les échelons des Nations-Unies : la 4ème commission hier, le Comité des 24 aujourd’hui, pour viser le Graal : l’assemblée générale des Nations-Unies. Une amicale pression sur la France, qu’elle soit considérée comme partenaire, ou « puissance administrante ».
À l’issue de cet entretien, les autonomistes ont quitté New York, à l’exception de Tepuaraurii Teriitahi. La plupart des indépendantistes restent encore quelques jours pour des rencontres politiques, mais aussi pour soutenir la famille de Léon Tefau, dont le corps devrait être rapatrié dans les jours qui viennent.



