« C’est irresponsable de parler de dissolution aujourd’hui alors que personne n’est prêt. » C’est par ces mots que le président du Tapura Huiraatira a présenté la ligne de conduite de son parti suite à ses déclarations à la presse, juste après l’annonce par le Tavini Huiraatira du dépôt d’une motion de défiance contre le gouvernement de Moetai Brotherson. Édouard Fritch a précisé que les membres du conseil politique du Tapura Huiraatira, majoritairement des maires et conseillers municipaux, ont rappelé les prochaines échéances électorales : les sénatoriales du mois de septembre et le renouvellement de l’Assemblée en 2028.
« Il achète les voix pour affirmer derrière la volonté de dissoudre l’Assemblée »
Réaffirmant que les difficultés politiques du moment étaient internes au Tavini Huiraatira, Édouard Fritch a lourdement critiqué le président Moetai Brotherson en l’accusant « d’acheter des voix », notamment par le biais du troisième collectif budgétaire présenté à l’Assemblée. Pour le président du Tapura Huiraatira : « ce collectif met en exergue la politique de monsieur Brotherson qui consiste à acheter des voix et essayer de grossir, enfin je veux parler de son parti, de grossir son parti et d’être prêt pour les prochaines élections ». Édouard Fritch a également cité le cas du maire de Tahuata, Félix Barsinas (membre du Tapura), qui avait reçu la visite du gouvernement durant trois jours sur son île et qui avait déclaré sur les réseaux sociaux que Moetai Brotherson lui avait proposé d’être le candidat de A Fano Tia aux sénatoriales.
« Les responsables politiques devront faire le tour des popotes »

La priorité du Tapura Huiraatira est de préparer les prochaines échéances électorales avec des consultations dans tous les archipels de la Polynésie. Édouard Fritch précise que : « les responsables politiques devront faire le tour des popotes, pour constituer les listes. Et ne pas se présenter avec une liste qui ne se connaît pas du tout. C’est ce qui s’est passé avec le Tavini Huiraatira. Pourquoi y a tous ces problèmes-là ? C’est parce que les gens ne se connaissent pas. Vous n’êtes pas dans une équipe. Si vous ne vous êtes pas vus avant, si vous ne vous êtes pas mis d’accord sur certaines valeurs de ce que vous allez défendre, il ne peut pas y avoir un combat organisé. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. »
« Le pays va bien, y’a pas de pauvreté »
Édouard Fritch a tenu à rappeler le rôle des politiques qui doivent être, comme lui a rappelé le conseil politique du Tapura Huiraatira, une oreille attentive aux besoins et difficultés de la population. Le renversement du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée cristallisent les débats du moment, mais ces sujets masquent, selon Édouard Fritch, la réalité des Polynésiens. Il ironise en disant qu’en ce moment, « on n’entend plus les syndicalistes hurler, donc ça va, le pays va bien, y a pas de pauvreté, tout le monde se nourrit normalement. Et c’est important de revenir à la base et de les écouter. »
Finalement, face à la crise politique du moment, le Tapura Huiraatira a décidé d’appliquer une expression chère à Oscar Temaru lors de l’instabilité politique vécue par la Polynésie française de 2004 à 2013 : « Wait and see »



