Collectif n°3, Steve Chailloux, Tavini : Brotherson règle ses comptes depuis Palau

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Vivement critiqué ce vendredi à Tarahoi lors de l'examen du collectif budgétaire n°3, Moetai Brotherson a répondu à ses détracteurs depuis Palau, où il participe à la 55è édition du Forum des îles du Pacifique. "Popol" de l'opposition, "aller simple" vers le Tavini pour Steve Chailloux, en instance de départ de A fano ti'a, déclaration d'indépendance unilatérale d'Oscar Temaru : le président du Pays ancre ses positions face à la tempête.

Réponse en trois temps.

En déplacement à Palau, où se tiendra le 55èForum des îles du Pacifique du 30 août au 4 septembre prochains, Moetai Brotherson n’a pas fait dans la diplomatie avec ses nombreux détracteurs, particulièrement vocaux ce vendredi à l’Assemblée.

Le président du Pays a d’abord répondu aux critiques qui ont accompagné la suspension de l’examen du collectif budgétaire n°3, notamment aux élus Tapura dénonçant son absence, de Tepuaraurii Teriitahi à Édouard Fritch.

« Je pense qu’on est là dans le registre de la politique politicienne. Ce n’est pas la première fois que le Président n’est pas là en personne pour défendre un collectif. C’est arrivé deux fois sous Édouard Fritch, au moins autant de fois sous Oscar Temaru, à l’époque. C’est quelque chose qui est prévu par le statut, par le règlement intérieur. J’aurais préféré, moi aussi, pouvoir être là. Si on avait moins tardé sur le collectif 2, il n’y aurait pas eu ce chevauchement de date », lance le chef de l’exécutif.

D’autant plus, insiste-t-il, que son gouvernement est mobilisé pour défendre le texte. « Tout le monde maîtrise ces dossiers et est prêt à les défendre », insiste-t-il.

« Le forum, c’est important. C’est la réunion de tous les pays du Pacifique. Le collectif, c’est important également. On n’est pas là au conseil municipal de Palau. On est là au forum du Pacifique qui réunit 18 pays de la région et également d’autres pays qui sont partenaires du dialogue et non des moindres », justifie-t-il.

Un « aller simple » pour Steve Chailloux

Autre sujet de tension, la prise de position, lors de la même séance, de Steve Chailloux. Selon toute vraisemblance, l’ancien député devrait prochainement quitter le groupe A Fano Ti’a pour retourner au Tavini Huiraatira. « Il est adulte, responsable. Donc s’il a décidé de partir et de retourner au Tavini, où je pense qu’il sera très bien accueilli par ceux qui l’ont vilipendé ces dernières semaines, c’est son choix ».

L’éventualité d’un retour vers le camp présidentiel est inenvisageable. « C’est un aller simple », lance Moetai Brotherson.

Enfin, Moetai Brotherson réagit à la déclaration d’indépendance des États fédérés de Mā’ohi Nui signée par Oscar Temaru. Le président du Tavini entend notamment défendre ce texte lors de la prochaine session de la quatrième Commission de l’ONU consacrée à la décolonisation, en octobre.

Lire aussi – Déclaration d’indépendance de Maohi Nui : Oscar Temaru abat sa « dernière cartouche » devant l’ONU

« Là, je pense que la preuve est faite. Certains veulent se cacher derrière le fait que c’est juste Oscar. Mais moi, c’est des discours que j’ai entendus dans les comités directeurs du Tavini. C’est l’une des raisons principales de mon départ et de la formation d’A fano ti’a » , réagit-il. La veille, Mitema Tapati, élu Tavini, assurait que la direction du parti n’avait pas collectivement discuté du texte, « une démarche du président du Tavini Huiraatira » , ni du prochain déplacement à l’ONU.

Ce samedi, devant une trentaine de militants et le seul représentant Tavini Ruben Teremate, Oscar Temaru a fait savoir qu’il se donnait un an, jusqu’au 9 octobre 2027, pour convaincre plus de la moitié des électeurs polynésiens de signer son manifeste.

Les trois priorités de Moetai Brotherson au Forum des Îles du Pacifique

Premier axe : la paix et la défense régionale, alors que plusieurs essais de missiles balistiques ont eu lieu dans la région ces derniers mois. « On a de vraies préoccupations au niveau régional là-dessus. Il faut qu’on s’entende sur une position commune », explique le président du Pays, qui doit notamment échanger avec les représentants de l’Australie et de la France à ce sujet.

Deuxième priorité : la protection des océans, et notamment la question de l’exploitation des fonds marins. « C’est à la fois un non-sens économique et une catastrophe environnementale », estime Moetai Brotherson, qui compte profiter de la proximité avec Palau, également opposé à l’exploitation minière de ses grands fonds, pour défendre cette position auprès des autres membres du Forum.

Enfin, la gestion des aires marines protégées (AMP). La Polynésie dispose aujourd’hui de 1,6 million de km² de réserves strictes. « Il faut maintenant pouvoir les gérer, il faut pouvoir les contrôler », rappelle le président, qui souhaite notamment renforcer les moyens consacrés à leur surveillance et à leur gestion.

Après un premier engagement de 15 millions de dollars obtenu à la suite de l’UNOC pour financer des études et des actions locales, le Pays cherche désormais des financements sur le long terme. « Nous allons engager (…) une discussion avec un groupe d’ONG beaucoup plus large, qui veut nous aider à financer de manière pérenne (…) les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ces AMP », conclut Moetai Brotherson.

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