Honomoana arrive à Tahiti, la sécurité du réseau devra encore attendre

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Le câble sous-marin Honomoana a commencé son atterrage à Papenoo ce matin. Avec, à la clé, des capacités monstrueuses et une promesse : celle de mieux résister aux pannes internet. Mais nous n'y sommes pas encore. En attendant le raccordement dans les eaux internationales et les réparations sur le câble de secours Manatua, la Polynésie n'est toujours pas à l'abri des pannes.

Entre le bateau et la côte, le premier lien est établi à la nage. Un plongeur apporte une corde aux équipes postées sur le rivage. C’est la toute première étape de la chaîne de traction qui va permettre de tirer Honomoana jusqu’à la terre ferme. Développé et posé par Google pour ses propres besoins, ce câble dernier cri offre une capacité telle que même la bande passante résiduelle dépasse déjà largement les attentes du fenua. « On parle d’un facteur 10 à 50 fois par rapport à ce qu’on connaît aujourd’hui » souligne le président Brotherson.

L’arrivée de ce câble promet également de sécuriser la connexion de la Polynésie française, théâtre ces dernières semaines de nombreuses défaillances sur ses deux principaux câbles sous-marins, Honotua et Manatua, un câble de secours qui a nécessité l’inscription en urgence d’une enveloppe de 250 millions au collectif 3. « Demain, une fois que tous les câbles Google seront installés, il y aura quasiment zéro possibilité qu’on perde la connectivité Internet » se réjouit le président.

 

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(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Mais la Polynésie n’est pas encore tirée d’affaires. Si d’ici le 19 septembre, les atterrages de Boulikula, Honomoana et Halaihai, aussi bien côté Papenoo que côté Faratea, seront bouclés, il faudra encore les relier à l’épine dorsale du réseau : le câble transocéanique posé dans les profondeurs des eaux internationales. De ce côté-là, le calendrier est beaucoup moins prévisible. En attendant, la connexion du fenua reste vulnérable.

D’autant que les travaux sur le câble Manatua ont été repoussés selon le Pays. « Il faut savoir que pour réparer un câble, il faut un câblier. Il faut des équipes spécialisées, il faut des sous-marins. On ne va pas réparer un câble avec un masque et un tuba » rappelle le président Brotherson. Or, le bateau positionné dans la zone d’intervention a été déporté vers Perth, en Australie, vers un autre chantier de maintenance.

« On espère que côté terrestre à Hawaii, la série noire va s’arrêter. Parce que je rappelle que ce n’est pas le câble Honotua. Ce câble est en bonne santé. Ce sont les équipements à terre qui ont subi des pannes électriques suite au cyclone qui s’est abattu sur Hawaii. Et puis plus récemment, un incendie à Oahu qui a affecté également les installations terrestres qui sont reliées à Honotua » développe Moetai Brotherson.

Des ambitions de souveraineté numérique polynésienne

En parallèle du projet Google, le Pays cherche aussi à développer un cloud souverain, pour développer ses propres intelligences artificielles. C’est déjà le cas notamment à l’Expol, où un projet pilote de traduction du journal officiel en reo maohi est en chantier.  

Mais pour développer une souveraineté numérique, encore faut-il avoir des serveurs et des capacités de stockage.  « Il va falloir qu’on y travaille parce que l’idée, c’est bien de pouvoir à terme augmenter notre capacité d’accueil » nuance le président. « Il ne s’agit pas ici d’avoir des data centers géants comme on en a dans d’autres pays, on n’a pas ni le foncier ni la production électrique pour ça. »

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Pas de data centers donc, mais des centres de contrôle à Papenoo et à Faratea pour la répartition du trafic sur le réseau terrestre de l’île. Des infrastructures en partie existantes, qui seront adaptées et agrandies. « Le groupe OPT est en discussion avec le groupe Google sur un certain nombre de choses, notamment pour Onati, pour tirer de la fibre entre les deux équipements qu’il va y avoir là et de l’autre côté de l’île. Ça, ça va faire du chiffre d’affaires effectivement pour Onati, donc c’est tout bénef », précise la Présidente-directrice générale du Groupe OPT, Hina Delva. « Pour l’instant, on travaille sur un hébergement provisoire, mais TNT travaille également avec Google sur un hébergement définitif sur Papenoo, donc ça veut dire effectivement du chiffre d’affaires complémentaire pour le groupe OPT »

Mais l’adaptation des infrastructures terrestres et la bande passante ont un coût. Si le Pays annonce une baisse de prix, la responsable se montre beaucoup plus prudente. « En tout cas, on a bien entendu la volonté du Président, mais j’attends d’avoir les coûts globaux avant de pouvoir me prononcer, effectivement, sur des tarifs ». L’OPT rappelle que les investissements dans les précédents câbles pèsent déjà lourdement dans ses comptes. Chaque année, elle doit absorber 700 millions de Fcfp de charges d’amortissement.

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