Internet : face aux pannes en série, le Club des DSI polynésiens propose son expertise au Pays

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Face aux ralentissements répétés d'Internet en Polynésie, le tout nouveau Club des DSI Polynésiens tire la sonnette d'alarme. Inquiets pour la continuité des activités économiques et des services essentiels, ces professionnels de l'informatique demandent des réponses précises au Pays et souhaitent intégrer la gouvernance de la stratégie numérique.

Internet connait de nouveaux ralentissements ce jeudi au fenua. Des perturbations qui font réagir le tout nouveau club des DSI Polynésiens créé en août dernier.

« Ce n’est pas un incident isolé. C’est le cinquième épisode significatif depuis le mois de mai », soulignent les spécialistes des systèmes d’information. « Le 26 mai, puis le 4 juin, des défaillances d’alimentation électrique sur la station d’atterrage de Honotua à Hawaii ont dégradé le débit de l’ensemble du fenua. Depuis le 4 août, le câble Manatua — qui assure précisément le secours de notre connectivité internationale — est en défaillance à 144 km au large des Samoa, par 2 700 mètres de fond. Mi-août, le passage de l’ouragan Lala sur Hawaii a de nouveau affecté Honotua, alors que nous étions déjà privés de notre redondance. Et ce matin, rebelote.« 

 

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Dans son coummuniqué, le Club assure que son objectif n’est « pas de désigner des coupables », et souligne les conséquences de ces perturbations à répétition :

  • des terminaux de paiement et des encaissements dégradés, en pleine saison touristique ;
  • des applications métier hébergées hors du territoire — ERP, messagerie, outils collaboratifs, sauvegardes — devenues inutilisables ou dangereusement lentes ;
  • de la télémédecine, de la formation à distance, des téléservices administratifs et jusqu’à des dépôts de plainte perturbés ;
  • des plans de continuité d’activité que nous ne pouvons pas construire sérieusement, faute de connaître le niveau de service sur lequel nous pouvons compter.

« Un territoire de 118 îles réparties sur 5 millions de km² a fait du numérique l’un de ses axes majeurs de développement. Cette ambition, nous la partageons pleinement. Mais elle repose aujourd’hui sur deux liaisons internationales dont l’une, depuis un mois, ne joue plus son rôle de secours. »

Le Club s’adresse au Pays et demande des réponses :

– « Manatua — quel est le calendrier prévisionnel de réparation, et à quelle date la Polynésie retrouvera-t-elle une redondance internationale effective ?
Résilience des atterrages — quelles mesures sont engagées pour réduire notre exposition aux aléas électriques et climatiques de la station de Hawaii, cause directe de plusieurs pannes cette année ?
Nouveaux câbles — quel est le calendrier officiel de mise en service de Honomoana, Tabua et Humboldt pour la Polynésie, et quelle capacité sera réellement disponible pour le territoire ?
Continuité en mode dégradé — existe-t-il un plan de priorisation des usages critiques (santé, sécurité, paiements, administration, éducation) lorsque la bande passante est réduite ? Si oui, comment les DSI du territoire peuvent-ils s’y préparer ?
Solutions intermédiaires — quelle place est donnée aux capacités satellitaires de secours, au peering et au caching local, et à l’hébergement de données sur le territoire pour réduire notre dépendance aux liaisons longues ?
Information — pouvons-nous disposer d’une source d’information officielle, en temps réel et en langage clair, sur l’état des liaisons internationales ? Les entreprises ont besoin de savoir, pas d’attendre. »

Enfin, les DSI souhaitent être associés aux travaux sur la stratégie de connectivité internationale du Pays. « La réforme du service public des télécommunications engagée par le Pays, dont les instances de gouvernance ont été créées le 12 août, nous paraît être le bon cadre pour traiter ces sujets. Le Club des DSI Polynésiens souhaite y contribuer. Nous représentons ceux qui, concrètement, font tourner les systèmes d’information du fenua. Nous connaissons les usages, les criticités, les coûts d’indisponibilité. Nous sommes prêts à mettre cette expertise à disposition, sans posture, dans un cadre de travail constructif. » Ils sollicitent une rencontre avec les autorités et les opérateurs concernés.

En entreprise, les Directeurs de systèmes d’information (DSI) sont responsables de la stratégie, de la gestion et de la sécurité des technologies de l’information (IT). Présidé par Fabien Chin, le Club entend « contribuer au développement des compétences locales, à l’émergence d’une culture numérique commune et au renforcement de la souveraineté numérique de la Polynésie française« 

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