Tahiti Nui Télévision : Vous passez la main après 17 ans à la tête de la CPME. Pourquoi avoir choisi de vous retirer maintenant ?
Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) : « D’abord pour préparer la transition avec mon successeur. Et puis 17 ans, c’est bien. Donc j’ai demandé à me retirer et puis garder la vice-présidence et faire des choses. Accompagner mon successeur pour que la CPME continue de progresser comme elle l’a fait. »
TNTV : On vous connaît pour votre franc parler, pour être offensif sur certains sujets. C’est un peu votre signature, d’ailleurs. Attendez-vous de votre successeur, Léo Marais, normalement le même profil ?
Christophe Plée : « Non, il aura sa personnalité, sa façon de faire. Et il faut l’accepter. Moi, je suis un chef d’entreprise. J’ai toujours été franc avec les gens, leur dire la vérité, ce que ressentent les chefs d’entreprise, les petits entrepreneurs. Et j’ai toujours fonctionné comme ça. Quelquefois, la vérité n’est pas bonne à dire. Mais en tout cas, je me suis efforcé de prévenir nos politiques et de dire les choses. »
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TNTV : Et ça a fait bouger les choses ?
Christophe Plée : « Sur certains dossiers, oui. J’ai l’impression qu’on a un peu avancé quand même. »
TNTV : Justement, une avancée qui a vraiment changé le quotidien des entrepreneurs, des petites et moyennes entreprises en 17 ans ?
Christophe Plée : « Il y en a plusieurs. Il y a d’une part la Sofidep en 2007 qui s’est vraiment créée, dont j’avais la présidence, qui a explosé, qui a vraiment accompagné les entrepreneurs. On sait que quand on a besoin d’un crédit, on peut aller là-bas. Et puis il y a eu aussi le fonds de formation, le fonds paritaire de gestion. Ça n’existait pas, la formation, avant. Et maintenant, on a un organisme qui gère la formation. Et ça, ce sont deux dossiers sur lesquels j’ai vraiment participé. »
TNTV : Et à l’inverse, même si vous resterez au bureau de la CPME, quel dossier regrettez-vous de ne pas avoir fait aboutir aujourd’hui ?
Christophe Plée : « Il y en a deux. Il y a le logement pour les salariés. Je pense que ça, j’en ai déjà parlé. Je pense que le logement, c’est important. Le logement, c’est trop cher. »
TNTV : Vous défendez la création d’un fonds dédié, c’est ça ?
Christophe Plée : « Voilà, d’un fonds dédié. Et puis je dirais le deuxième gros sujet, c’est un fonds retraite pour les patentés, parce qu’on va se retrouver avec des gens qui n’auront pas de retraite. Pour les petits patentés, alors il faut monter ce fonds en urgence, parce que ces gens-là, à la fin de leur carrière, n’auront pas de quoi vivre. »
TNTV : Et avant la retraite, les premières années de la vie d’une entreprise sont les plus risquées. Aujourd’hui, quels sont les freins principaux quand on entreprend en polynésie française ?
Christophe Plée : « La lourdeur administrative, la fiscalité à appréhender, parce que les trois premières années, on est exonéré. Donc quand ça tombe d’un coup, c’est un peu compliqué. Et puis pour moi, c’est la comptabilité, la gestion. La gestion d’une entreprise, ça s’apprend. »
TNTV : Un message aux entreprises, ce serait : « Faites-vous accompagner » ?
Christophe Plée : « Faites-vous accompagner du plus que vous pouvez dans les trois premières années. »
TNTV : Et alors au-delà de ces difficultés, vous voulez aussi ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises en développant les échanges dans la région, notamment avec la Nouvelle-Zélande. Vous préparez une quatrième édition du French Pacific Business Forum. Pour un entrepreneur qui nous regarde ce soir, qu’est-ce qu’il peut concrètement aller chercher en Nouvelle-Zélande ?
Christophe Plée : « Le French Pacific Business Forum, c’est 10 entreprises calédoniennes, 10 entreprises polynésiennes. Rendez-vous à Auckland. Le chef d’entreprise va se rendre à Auckland. Et pour la journée, tout est gratuit là-bas. Alors il y a des fiscalistes, il y a des comptables pour la gestion sur les taxes NéoZed. Si on veut exporter un produit, je ne sais rien, moi, du monoi, de la perle, ils sont déjà venus. Ou si vous voulez importer un produit en Polynésie, c’est là-bas qu’il faut être. Ça sera au mois de mars et c’est très important parce qu’on n’en a que 10. On n’a que 10 places et on veut faire découvrir. Il y a une journée qui est très longue, mais on apprend, on prend beaucoup d’informations. Et puis aussi, maintenant, la nouveauté, c’est qu’on a une partie B2B où on va rencontrer des chefs d’entreprise néo-zélandais dans le même secteur d’activité. Alors heureusement, on a nos partenaires, la Chambre de commerce qui nous a rejoints et la Banque Socredo avec leur réseau. Donc voilà, les gens peuvent, via leur banque, via la CCISM, nous rejoindre sur cet événement. »
TNTV : Et vous recherchez des profils en particulier ?
Christophe Plée : « Pas en particulier. On a déjà eu sur les presseurs de télévision des profils, l’informatique, les services, la perle, le monoeuil, des pareu. On a vraiment des gens qui avaient envie d’aller voir la Nouvelle-Zélande, voir ce qui s’y passe et pourquoi pas faire du business. »
TNTV : Une question d’information pratique, Christophe Pley, une entreprise intéressée, comment vous contacter ?
Christophe Plée : « Elle appelle directement au numéro de téléphone, Gaël, au 89 78 87 49. Et elle demande à vouloir participer. Elle vient nous voir et on va lui expliquer comment ça va se passer. »
L’Assemblée générale de la CPME aura lieu jeudi 15 octobre à l’hôtel Hilton de Faa’a, à partir de 11 heures.



