« Je ne savais pas qu’il y avait de la drogue dans ma valise. Je suis désolé ». Samedi dernier, un jeune Américain, 28 ans, est contrôlé à sa descente d’avion en provenance de Los Angeles. A l’occasion d’une fouille approfondie de son bagage, les agents de la brigade de surveillance extérieure découvrent 36 sachets d’ice dissimulés dans les poches de ses vêtements. Au total, 4,3 kilos de drogue.
Ce jeudi après-midi, en comparution immédiate, l’individu, originaire de l’Etat de New York, explique à la barre que son voyage en Polynésie lui a été offert. Des vacances qu’un ami lui a proposé. Mais dont le billet d’avion a été payé par une connaissance de cet ami. Diplômé en technologie automobile, mais encore à la charge de ses parents, c’est pour lui une opportunité qui ne se refuse pas. Jusqu’à ce que l’ambiance change. Ce qui devait être un voyage découverte avec la connaissance de son « ami » devient un déplacement seul. Et avant son départ, on lui annonce qu’il n’a pas intérêt à ouvrir sa valise. Sous la menace, il obéit, dit-il à la barre.
Mais l’histoire peine à convaincre les juges. « Je n’ai touché aucun argent. Je n’ai jamais eu de problèmes aux Etats-Unis avec la Justice », répond-il, assisté d’une traductrice, quand on le questionne.
Le procureur, lui, rappelle que c’est le deuxième dossier de ce type en quelques jours. Le 13 septembre, c’est un autre Américain de 21 ans qui était interpellé avec 4,1 kilos d’ice dans ses bagages. Condamné à 7 ans de prison et 300 millions d’amende douanière.
« On accepte de convoyer une valise dont on ignore tout. Les explications sont un peu pauvres », indique le représentant du Parquet qui réclame une peine au moins aussi sévère que celle du précédent voyageur interpellé. On est « en droit d’attendre de la sévérité » dans un dossier qui concerne une « marchandise mortifère ».
L’avocate du prévenu a insisté sur un point. En 2024, celui-ci avait été gravement violenté et séquestré durant trois jours. Une procédure serait toujours en cours aux Etats-Unis concernant cette affaire. Ce qui pourrait, selon elle, expliquer sa vulnérabilité, sa peur et le fait qu’il soit facilement manipulable.
« Si j’avais su qu’il y avait de la drogue, je ne serais jamais venu ici », a dit l’Américain avant de retourner s’assoir. Il a été condamné à sept ans de prison, maintien en détention, interdiction définitive de se rendre sur un territoire de la république française, et à une amende de 340 millions de francs.



