Avec 228 nouveaux cas recensés en 2022, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes en Polynésie française selon le Registre des cancers 2022. La participation au dépistage reste toutefois un enjeu : elle était seulement de 39,6 % en 2023-2024 selon le rapport du dépistage 2020-2024. Alors cette année, l’enjeu est aussi d’inverser la démarche : ne plus seulement demander aux femmes d’aller vers le dépistage, mais aller vers celles qui restent éloignées du parcours de soins.
« Aujourd’hui, l’idée c’était aussi de motiver d’autres communes à participer au dispositif, à mettre en place Tarona Tere chez eux […] et surtout les quartiers prioritaires, parce que c’est ça la cible principale : celles qui ne vont pas vers le soin », déclare Teanini Tematahotoa médecin et directrice de l’Institut du cancer.
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Grâce au dispositif Tarona tere, les femmes sont accompagnées et transportées jusqu’au centre de radiologie par les communes. Une façon de lever des freins très concrets : l’éloignement, le transport, mais aussi la peur de l’examen. Pour la présidente du Cesec Maiana Bambridge, amener les femmes « vers le radiologue, vers le médecin pour se faire dépister, eh bien c’est la solution. Parce qu’une femme seule se dit : moi ça ne m’arrivera pas, ça ne sert à rien que j’y aille. »
Mais la distance n’est pas le seul frein. Rapprocher le soin, c’est aussi adapter la manière de parler de la maladie et mieux prendre en compte les réalités culturelles des patients.
« La culture, ça passe par la langue, mais ça passe aussi par une façon de penser, une façon de communiquer avec le malade […] de comprendre ce qui va l’amener vers le soin ou alors ce qui va l’en éloigner », souligne la ministre de la Santé Raihei Ansquer.
Une approche déjà présente à l’hôpital : quatre néotradipraticiens travaillent aujourd’hui au CHPF aux côtés des équipes médicales. Un autre doit rejoindre l’hôpital de Taravao.
L’accès au dépistage évolue aussi : depuis février, la mammographie est prise en charge et accessible dès 45 ans, contre 50 auparavant. En 2022, près de trois cancers du sein sur dix avaient été diagnostiqués chez des femmes de moins de 50 ans.
« Octobre Rose dépasse en fait le mois d’octobre […] Il faut que ça soit toute l’année qu’on pense au dépistage », lance la présidente de l’ICPF.
Car au-delà du ruban rose, l’enjeu reste d’atteindre celles qui ne font pas encore la démarche. En allant vers elles, au plus près de leur quotidien, et pas seulement pendant le mois d’octobre.



