Après Octobre rose, place à Movember. Ce mois de novembre est consacré à la sensibilisation à la santé masculine, et notamment aux cancers de la prostate et des testicules. Mais au-delà de ces maladies, c’est aussi l’occasion de libérer la parole sur des sujets encore tabous.
Jeudi, une dizaine d’hommes se sont réunis à Arue, à l’initiative de la commune, pour échanger avec un urologue et un médecin généraliste. Un atelier destiné à aborder sans gêne les questions de santé qui touchent les hommes, de leur bien-être mental à leur vie intime.
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Car parler de ses difficultés, notamment lorsqu’elles concernent la sexualité ou les troubles urinaires, n’a rien d’évident. « Ça touche à quelque chose d’intime, de personnel, et révéler des troubles urinaires ou sexuels n’est pas une démarche facile à faire. Mais on invite les hommes à consulter un médecin généraliste ou un urologue s’ils venaient à souffrir de troubles urinaires qu’on peut soulager, car il existe actuellement des traitements », explique Nanethida Nouanesengsy, médecin généraliste.


Pour faciliter les échanges, les participants ont notamment visionné une vidéo avant d’engager la discussion. Une manière de briser la glace sur des questions rarement évoquées ouvertement.
« On n’aime pas le faire partager. On ne souhaite pas que les autres, que notre environnement, soient informés parce que psychologiquement… c’est dans la nature du Polynésien d’être virile… mais je pense qu’aujourd’hui, il faut ouvrir à ces débats », confie l’un des participants.


Un autre reconnaît que la démarche demande un effort : « Je pense que ce n’est pas aussi facile que ça, mais s’il faut parler, je pense qu’il faut essayer quand même de savoir ce qu’il se passe un peu. »
Le cancer de la prostate, le plus fréquent chez les hommes au fenua
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte où la prévention reste essentielle. Selon les données du Registre des cancers de 2022, relayées par l’Institut du cancer de la Polynésie française (ICPF), 162 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués en moyenne chaque année au fenua. Il s’agit du cancer le plus fréquent chez les hommes, représentant près de 30 % des cancers masculins.
Le risque augmente notamment après 50 ans, mais la maladie peut évoluer pendant plusieurs années sans provoquer de symptômes. L’ICPF encourage donc les hommes à discuter de leur santé avec leur médecin, afin d’évaluer individuellement l’intérêt d’éventuels examens.
À travers cet atelier, l’objectif est aussi de rappeler que les problèmes de santé masculine ne doivent pas rester des sujets de silence et qu’en parler constitue une première étape vers une prise en charge adaptée.



