Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d’un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d’un possible protocole d’accord à Téhéran.
« Les discussions et les échanges de messages sont toujours en cours » et « tout ce qui se dit actuellement relève de la spéculation et ne doit pas être pris au sérieux« , a dit le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité par la télévision d’État.
« Nous n’approuverons aucun accord tant que nous n’aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis« , avait déclaré auparavant dans une vidéo diffusée par la télévision d’Etat le principal négociateur iranien, le chef du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, souhaite plus de fermeté dans la position de Washington.
« La seule garantie que je dois avoir, c’est qu’il n’y aura pas d’armes nucléaires. Ils ont accepté cela, et c’était très intéressant« , a-t-il dit dans une interview enregistrée dans la semaine et diffusée samedi sur Fox News.
Téhéran a toujours démenti vouloir se doter de l’arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.
Trump « pas pressé »
L’un des objectifs affichés de Washington au début de la guerre était de détruire le programme nucléaire iranien, et plus de 80% des sites de missiles ont été frappées d’après les Etats-Unis.
Mais selon CNN dimanche, des images satelites montrent que l’Iran a profité du cessez-le-feu pour déblayer au bulldozer 50 entrées de tunnels sur 69, dans les 18 sites touchés par Israël et les Etats-Unis.
De son côté l’Iran veut avant tout obtenir la levée des sanctions américaines et le déblocage de ses avoirs gelés, et revendique de maintenir un contrôle sur le stratégique détroit d’Ormuz, qu’il a quasi-verrouillé au début de la guerre.
Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut « éliminer » le Hezbollah pro-iranien.
Quant au nucléaire, l’Iran souhaite en discuter dans un second temps.
La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole. « Lentement mais sûrement, je crois que nous obtenons ce que nous voulons« , sinon « les choses finiront autrement« , a déclaré le président Trump, « pas pressé ».
Et les Etats-Unis sont « plus que capables » de repartir en guerre contre l’Iran en cas d’échec des pourparlers, avait avancé samedi son ministre de la Défense, Pete Hegseth.
L’armée américaine, qui maintient un blocus sur les ports iraniens en réponse à celui d’Ormuz, a indiqué samedi avoir ciblé et mis à l’arrêt un cargo naviguant sous pavillon gambien tentant de rejoindre un port iranien.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont de leur côté affirmé dimanche avoir abattu un drone américain qui s’apprêtait, selon eux, à pénétrer dans les eaux territoriales iraniennes pour des « opérations hostiles« .
Réunion à l’ONU pour le Liban
Sur le front libanais, l’armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.
L’armée israélienne s’est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l’occupation israélienne, achevée en 2000.
Un « tournant décisif » selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le président français Emmanuel Macron a estimé lui au contraire que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban« .
La France a demandé une réunion d’urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l’AFP.



