« Nous devons être prêts à tout » : le nouveau Comsup appelle la Polynésie à anticiper les crises

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À peine installé à la tête des Forces armées en Polynésie française, le contre-amiral Yann Bied-Charreton affiche sa feuille de route. Dans un contexte international qu'il juge « grave », le nouveau commandant supérieur insiste sur la nécessité de préparer le territoire aux crises, qu'elles soient géopolitiques, climatiques ou sécuritaires. Interview.

TNTV : Dans votre discours, vous avez souligné qu’il fallait se préparer à un choc en Europe, la Polynésie doit aussi se tenir prête ?
Yann BIED-CHARRETON, nouveau commandant supérieur des forces armées de Polynésie française : « Oui, tout à fait, c’est ce à quoi on se prépare en métropole. La situation est grave en Europe, et pas uniquement, donc il faut être prêt. Pas de catastrophisme, mais c’est juste une mobilisation. Être prêt à subir un choc, c’est vrai ici aussi, en Polynésie et dans le Pacifique » . 

TNTV : Est-ce qu’on doit s’attendre à une intensification de l’activité ?
« On va perdurer, on va continuer à faire nos missions, comme on le fait avec des résultats assez remarquables. Comme j’aime le souligner, on a des très beaux résultats ici en termes de surveillance de la zone économique exclusive polynésienne. C’est probablement un des lieux du Pacifique où c’est le plus et le mieux réalisé par les moyens qu’on opère. On va continuer à faire du partenariat avec les grands pays de la zone (…) pour pouvoir faire face à différentes menaces. Nous devons être prêts à tout, que ce soit à des grands événements géopolitiques, à des catastrophes naturelles, à des événements climatiques, etc (…), avec des nouvelles capacités qui continuent d’arriver dans le Pays, sur le territoire, pour pouvoir réaliser ces missions » .

TNTV : Vous avez des objectifs prioritaires dès le premier jour ?
« Les sens des missions, pour moi, sont très clairs. La première, c’est évidemment de protéger les Polynésiens et la Polynésie française (…). On a fait des grands exercices, Marara par exemple, notamment sur la thématique des catastrophes naturelles. On va continuer dans cette dynamique. On prépare notamment la saison cyclonique avec un premier exercice qui permettra aussi de prendre en main l’état-major de l’exercice Cyclonex en septembre, pour pouvoir se préparer à tout ça. Mes priorités (…), c’est de clarifier mes directives, qui sont dans la lignée évidemment de mon prédécesseur, le comte amiral Guillaume Pinget » .

TNTV : Le commandement pour le Pacifique est opérationnel depuis le 1er janvier. Il va monter en puissance cette année. Faut-il s’attendre à plus de coopération régionale ?
« La coopération régionale est un de nos axes d’efforts principaux, parce que rien ne peut se faire aujourd’hui à distance sur des grands événements sans nos partenaires de la zone. Donc ça, ça va perdurer. Le Commandement pour le Pacifique apporte de la lisibilité, de la cohérence dans nos actions. On va travailler dans la continuité de ce qui est fait, mais avec plus de visibilité, plus de cohérence, notamment avec les forces armées de Nouvelle-Calédonie. Le CPP est censé, et va nous donner une meilleure redynamisation de nos actions » .

TNTV : Vous devez savoir qu’il y a eu pas mal d’interceptions de drogue en mer. Est-ce que ça va aussi faire partie de vos priorités durant ces deux ans ?
« La lutte contre les trafics illicites, c’est extrêmement important. On ne peut pas laisser se développer dans nos eaux des activités illicites qui alimentent la criminalité, et donc qui sont dangereuses pour les polynésiens, pour nos intérêts. Donc on va continuer, on a des vraies capacités, parce que nous avons la chance d’avoir des moyens et une organisation qui nous permettent de combattre au mieux ce fléau » .

TNTV : Êtes-vous heureux d’avoir pris vos fonctions en Polynésie ?
« Forcément, c’est un territoire attachant avec une identité qui est très forte. Et puis j’ai personnellement de la famille polynésienne que je retrouve, que j’ai retrouvée déjà hier à l’aéroport et qui m’a accueilli. C’est ma première fois ici en Polynésie, mais je dirais que j’ai été bercé depuis mon enfance par la présence de mes cousins tahitiens, que j’ai le plaisir de revoir » .

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