« On part avec le tahoe » : les pompiers du fenua prêts à lutter contre le feu dans l’Hexagone

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Ils seront dans l’avion d’ici quelques heures. Les pompiers polynésiens volontaires pour lutter contre les feux dans le Sud-Ouest de la France, ont dit au revoir à leurs familles, ce vendredi. Ils sont 5, de la caserne de Paea, à faire le voyage. Le centre de secours a dû s’organiser en conséquence.

Les sacs sont prêts. Uniformes, équipements de protection, sac de couchage… Dans quelques heures, Halley Ellis, pompier professionnel de la caserne de Paea, quittera Tahiti pour rejoindre le sud-ouest de la France, où les incendies de forêt continuent de mobiliser d’importants moyens de secours.

Pompier professionnel à la caserne de Paea, il fait partie des vingt volontaires polynésiens appelés à renforcer les équipes déjà engagées sur le terrain. Avant le départ, ce vendredi, sa famille s’est réunie autour d’un petit-déjeuner. Un moment empreint d’émotion où chacun a tenu à lui adresser quelques recommandations.

« (Le soutien de sa famille), c’est la matière première dont on a besoin pour se motiver à partir, confie le soldat du feu. (Le job), c’est d’aller prêter main forte, parce que le métier de pompier ce n’est pas donné à tout le monde. Avec les yeux qu’on a, on a vu tant de misère dans le monde, il faut être habitué (…) et qualifié. On part avec le tahoe du taata Tahiti ».

Pour ses proches, la fierté se mêle à l’inquiétude. Son père, Halley Mahina Ellis Senior, ne cache pas son appréhension face aux risques encourus. « Il y a la joie, mais il y a aussi la crainte. Parce que c’est un feu, il y a eu des morts dans ces interventions, c’est énorme (…). Je préfère un poltron vivant qu’un héros mort. On n’en est pas là, mais ce n’est pas exempté », souligne-t-il.

« Le fait d’être sur le champ et de combattre le feu sous des chaleurs pas possibles, c’est vraiment ça, être un sapeur-pompier courageux. Le fait que des Tahitiens partent, ça veut dire que la France a vraiment besoin de beaucoup de renforts », observe Mataiva, le neveu.

La caserne de Paea a dû s’organiser pour permettre le départ de cinq de ses effectifs, près d’un quart de son personnel opérationnel. Ils seront, comme leurs collègues du fenua, acheminés vers la région bordelaise, où des dizaines de milliers d’hectares de forêt ont déjà été ravagés par les flammes. Si la progression des incendies a pu être contenue par endroits, le risque de reprise demeure élevé et les équipes engagées depuis plusieurs semaines sont fortement sollicitées.

Avant leur départ, une cérémonie a été organisée par la commune, afin de saluer l’engagement des cinq volontaires. Les vingt sapeurs-pompiers polynésiens doivent décoller ce vendredi à 23h45 pour une mission de deux semaines.

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