Après Air Tahiti, la CSIP assigne cette fois la Somstat. Devant le tribunal civil de Papeete, le syndicat reproche à la société en charge de l’avitaillement des avions à l’aéroport de Tahiti-Faa’a d’avoir recruté des intérimaires à la veille d’un mouvement social. Pour l’avocat du syndicat, Me Arcus Usang, ces embauches portent atteinte au droit de grève. Il dénonce également des irrégularités dans la rédaction des contrats. « Curieusement, ces contrats d’intérim entre Pro-intérim et la Somstat, ce sont des contrats qui ne visent nullement le salarié qui est remplacé. Le principe de l’intérim est de préciser qui on remplace. La généralité de ces contrats démontre bien que ces intérimaires sont recrutés la veille, je précise, pour venir accomplir les tâches des salariés grévistes. »
Au-delà de ces 3 contrats d’intérim, l’avocat dénonce également des pressions qu’aurait exercées la direction sur les salariés grévistes. « En fait, ils mettent la pression pour demander aux salariés de ne pas faire grève. Il y a eu la révélation des appels qui ont été faits au domicile des salariés, aux conjoints, et maintenant la plainte a été déposée. »
De son côté, l’avocate de la Somstat qui n’a pas souhaité s’exprimer à notre micro, conteste ces accusations. Selon elle, les recrutements étaient prévus de longue date et n’ont aucun lien avec le mouvement de grève. Quant aux accusations de pressions sur les salariés, elle affirme avoir fourni des éléments pour les réfuter.
Sur le piquet de grève, les négociations se poursuivent. Si plusieurs revendications ont trouvé une issue, les grévistes entendent maintenir leur mouvement tant qu’un renforcement des effectifs ne sera pas acté.
« Nous dénonçons qu’il y a trop d’intérimaires qui sont recrutés ici au niveau de la Somstat et que si on faisait un renforcement d’effectifs stables au niveau de la Somstat, on n’aurait pas autant de problèmes, lance Vaitea Legayic. Par exemple, lorsque l’embauche des intérimaires est effectuée, on constate qu’il y a peu de temps au niveau des formations pour pouvoir effectuer la fonction que les grévistes occupent aujourd’hui et que les salariés occupent.«
Le juge des référés doit se prononcer jeudi prochain sur l’arrêt des contrats d’intérim. Problème : ces contrats auront déjà pris fin quatre jours plus tôt. La justice pourrait donc estimer qu’il n’y a plus lieu d’ordonner leur arrêt.



