Bora Bora va miser sur l’océan pour se fournir en électricité

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L’île de Bora Bora pourrait bientôt produire une partie de son électricité grâce à l’océan. « La Perle du Pacifique » porte en effet un projet de centrale thermique des mers. Celui-ci sera au cœur du 12e symposium international OTEC qui réunira du 1er au 4 décembre des scientifiques et spécialistes du monde entier. Le maire Gaston Tong Sang souhaite que le projet aboutisse dans les 3 années qui viennent.

En Polynésie, l’eau profonde sert déjà à climatiser deux hôtels et l’hôpital du Taaone. Mais Bora bora veut aller plus loin : produire une partie de l’électricité dont elle a besoin grâce à l’énergie thermique des mers.

Un principe similaire au SWAC. En surface, l’eau est chaude. En profondeur, elle est beaucoup plus froide. L’eau chaude permet de vaporiser un fluide. Sous pression, cette vapeur entraîne une turbine reliée à un alternateur qui, lui, produit de l’électricité.

 

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L’eau des profondeurs vient ensuite refroidir le fluide pour le ramener à l’état liquide. Et le cycle recommence de façon continue.

« Entre ces deux sources, on fait un écoulement de chaleur. Cet écoulement de chaleur est converti en travail mécanique. Le travail mécanique entraîne un alternateur qui produit de l’électricité comme un moteur de voiture qui fonctionne avec une source chaude qui est le carburant, et la source froide qui est le radiateur », explique Franck Lucas, professeur d’université à l’UPF.

Pour ce spécialiste, qui travaille notamment sur les performances énergétiques du SWAC, la Polynésie dispose de conditions particulièrement favorables pour développer cette technologie.

Mais entre ambition et réalisation, le défi reste considérable. Le coût du projet est estimé à une dizaine de milliards de francs Pacifique. Des financements publics et privés seront nécessaires. Et les investisseurs souhaitent des garanties quant à la rentabilité de l’opération.

« Tous les investisseurs ont besoin d’être rassurés sur la viabilité économique des technologies. Cette viabilité économique, elle sera certifiée si on est capable d’avoir des données scientifiques, à la fois sur la conception, mais aussi sur le fonctionnement des installations au fil du temps », souligne Franck Lucas.

« Il faut compenser le coût d’investissement qui va être très élevé par des coûts de fonctionnement qui vont être récurrents sur toute la durée de vie de l’installation qui peut aller jusqu’à 30 ou 50 ans », ajoute-t-il.

Bora Bora se positionne comme un site pilote. La commune veut réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Aujourd’hui, 70 % de son électricité provient du thermique. Le projet intègre à la fois énergie solaire et énergie des mers

« On a passé le stade de faisabilité, on entame le stade projet maintenant », se félicite le tavana, Gaston Tong Sang, « il nous faut faire des études un peu plus précises de bathymétrie pour mieux évaluer les coûts des travaux et lancer l’appel d’offres ». Le maire se « donne 3 ans pour réaliser le projet ».

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