Fermées depuis quatre mois, les toilettes publiques du parc de Tatatua sont menacées de destruction. Une perspective qui scandalise les usagers et de la municipalité. « S’ils cassent les toilettes, je leur pose la question, où vont aller faire pipi et faire caca les gens qui viennent au parc ? lance Éric Pedupebe, conseiller municipal à la mairie de Tautira. Parce qu’il y en a qui viennent tôt le matin et jusqu’au soir. Donc, j’imagine que chacun d’entre nous, tu ne peux pas rester pratiquement 8 heures ou même 12 heures sans aller faire pipi. »
Contacté, le service du tourisme explique que, selon les études d’impact, le bâtiment actuel fait office d’obstacle fixe qui accentue l’érosion du littoral. Par ailleurs, les dégradations et actes d’incivisme à répétition rendent difficile l’entretien du site. « On y va avec nos enfants presque tous les week-ends. Si on nous enlève les toilettes, je pense qu’on ne va plus y aller, regrette Herenui, une usagère du Parc. Du coup, moi je suis vraiment contre ce projet-là. »
– PUBLICITE –
Un chantier de protection des berges à plus de 43 millions de Fcfp est prévu, mais aucune remise en état des sanitaires n’est pour l’instant programmée. Une pilule amère pour la commune. « Je crois qu’à la présidence, il y a plein de toilettes chimiques derrière. Je me rappelle bien, j’ai fais un tour déjà là-bas. Et là-bas, ça ne pose pas un problème qu’ils aspirent toutes les semaines. Ici, à Tautira, on aurait besoin de quoi ? De quatre toilettes chimiques, estime Eric Pedupebe. Donc, quel est le problème ? C’est parce qu’on est rural et eux, ils sont urbains ? Mais pourtant, on vote tous sur le même endroit. »
La fronde est lancée. Une pétition est en préparation et la commune menace de blocage du chantier. « Si en dernier délai, on ne nous écoute toujours pas, on va aller s’attacher à la toiture, je ne sais pas, au robinet des toilettes ! » La population de Tautira attend désormais des solutions concrètes.



