Crash d’un avion en Floride : neuf morts, la météo au cœur de l’enquête

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Neuf personnes ont été tuées dimanche dans le sud-est des États-Unis dans l'accident spectaculaire d'un avion d'affaires tombé au sol comme une pierre à une dizaine de kilomètres de la résidence de Donald Trump en Floride, selon les autorités.

« Ça a été cataclysmique », a commenté sur place le gouverneur républicain de l’État, Ron DeSantis. « On aurait dit la chute d’un missile », a-t-il déclaré.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et reprises par les médias américains montrent un appareil chutant vertigineusement et s’écrasant à grande vitesse au sol dans une énorme boule de feu au bord d’une route très fréquentée.

Évoquant une « terrible tragédie », le ministre américain des Transports, Sean Duffy, a indiqué sur X que les neuf personnes à bord étaient décédées.

L’avion était parti d’Austin au Texas et se dirigeait vers les Bahamas quand il s’est écrasé à 12H50 locales dans le comté de Palm Beach, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de Mar-a-Lago, la luxueuse résidence de Donald Trump.

Le président américain avait quitté les lieux en fin de matinée. Au moment de l’accident, il se trouvait en route vers l’Iowa et le Kansas pour deux rassemblements de campagne à l’approche des élections de mi-mandat, mardi.

L’appareil était un Learjet 60, un avion d’affaires. Il s’est écrasé dans le quartier de Cresthaven, près d’un parc de mobile homes dont quelque 600 résidents ont dû être évacués et relogés dans des abris, selon les autorités locales.

L’accident n’a miraculeusement pas fait de victime au sol, a précisé le gouverneur DeSantis.

Derniers échanges glaçants

Le régulateur aérien américain (FAA) a annoncé l’ouverture d’une enquête conjointe avec l’agence fédérale de sécurité des transports (NTSB) pour faire la lumière sur les causes du drame.

Des orages avaient été signalés dans la région. Donald Trump tenait un parapluie lorsqu’il est monté une heure auparavant à bord d’Air Force One, sur le tarmac de l’aéroport de Palm Beach récemment rebaptisé à son nom.

Les derniers échanges entre l’équipage du Learjet et la tour de contrôle sont littéralement glaçants et donnent un aperçu de la rapidité de l’accident, selon un enregistrement audio de moins de deux minutes publié sur le site de trafic aérien liveatc.net.

On entend une voix féminine dans le cockpit signaler « des turbulences modérées » au contrôle aérien et dire que l’équipage « gère le givre ».

La même personne indique peu après que l’avion est entré « dans une zone de précipitations » et doit « monter », puis s’alarme : « Mayday, mayday, nous descendons à 10 000 pieds par minute ».

« Situation d’urgence, nous sommes en survitesse », s’écrie-t-elle, indiquant que l’avion chute désormais à « 20 000 pieds par minute ». « L’altitude est à votre discrétion, dites-moi ce dont vous avez besoin », réagit d’une voix neutre le contrôleur aérien.

« Nous allons nous écraser au sol », répond son interlocutrice, peu avant un dernier cri et la coupure des communications.

Les conditions météo seront un élement « majeur » de l’enquête

Les conditions météorologiques seront un élément « majeur » de l’enquête sur les causes de l’accident de l’avion, a indiqué lundi un responsable de l’Agence fédérale américaine de sécurité des transports (NTSB).

Lors d’une conférence de presse à West Palm Beach, Tom Chapman, membre du conseil du NTSB, a retracé les dernières heures du Learjet 60, un modèle fabriqué par Bombardier jusqu’en 2007, qui avait décollé d’Austin au Texas à 10H37 (15H37 GMT) en direction de l’aéroport de North Eleuthera, aux Bahamas.

L’identité des victimes n’a pas été confirmée par les autorités à ce stade, car des analyses génétiques seront nécessaires.

Plusieurs proches de la copilote l’ont identifiée auprès de plusieurs médias américains comme étant Nathalia Gadelha Filgueiras, âgée de 20 ans et originaire du comté de Boca Raton (Floride).

Selon eux, elle avait décroché sa licence de pilote à 17 ans -avant son permis de conduire- et cumulait environ 1 300 heures de vol. Elle avait commencé à travailler pour une société de location d’avions de Fort Lauderdale (Floride) il y a environ neuf mois.

Les enquêteurs n’ont pu déterminer à ce stade qui était aux commandes de l’avion au moment du drame.

Selon Tom Chapman, l’avion avait été équipé après sa livraison d’un enregistreur de vol CVR (discussions dans le cockpit) mais il n’est pas clair s’il en disposait toujours.

Tim Monville, enquêteur en chef chargé de cet accident, a indiqué qu’un automobiliste avait, semble-t-il, été blessé à une jambe lorsque l’avion s’est écrasé à pic au bord d’une route très fréquentée, laissant un profond cratère.

Selon la NTSB, l’avion avait été affrété par Aurora Aviation pour un vol opéré par Upper Jets. Sollicités par l’AFP, ces sociétés n’ont pas répondu dans l’immédiat.

La société de location Jettly, qui proposait également ce Learjet immatriculé N722BD dans son catalogue, a précisé à l’AFP qu’il avait été mis en service en 2004 et rénové en 2018.

Le propriétaire de l’avion, d’après le site du régulateur de l’aviation (FAA), était une société enregistrée dans le Delaware, appelée LR60271 LLC.

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