Grève à Air Tahiti : la CSIP saisit la justice

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La grève à Air Tahiti se déplace sur le terrain judiciaire. La CSIP a déposé un référé. Il est question d’examiner la présence de personnels extérieurs à Air Tahiti sur le tarmac de Tahiti-Faa'a. L'audience a été renvoyée à lundi. De son côté, Air Tahiti conteste les accusations du syndicat et estime n'avoir commis aucune irrégularité

Pas de décision de justice pour l’instant. L’audience en référé, engagée par la CSIP, est renvoyée à lundi. Le syndicat pointe du doigt la présence de 2 pistards de la compagnie Air New Zealand et d’un autre agent pour Air France sur le tarmac. Trois personnes soupçonnées de venir remplacer du personnel gréviste. De quoi constituer une entrave au droit de grève selon la CSIP. « Il faut une carte de travail, il faut une habilitation à opérer sur ce matériel de repoussage. Et effectivement, ils ont, au cours d’une journée, formé ces personnes extérieures au matériel pour remplacer des personnes grévistes« , explique Frédéric Jojon, délégué syndical CSIP.

Une interprétation que réfute la défense d’Air Tahiti. La compagnie aurait simplement mis à disposition ses engins de poussage, à la demande des deux transporteurs internationaux qui ont souhaité maintenir leurs opérations, comme l’explique Me Yves Piriou, avocat d’Air Tahiti : « Air Tahiti a loué le matériel. Je crois que c’est l’article 1713 du code civil. On peut louer ce qui nous appartient. Louer le matériel à Air France et donc Air New Zealand et Air Tahiti Nui aussi. Et ces compagnies, avec leur propre personnel compétent, formé, techniquement compétent, effectuent des opérations avec du matériel loué. »

La CSIP, pourtant, dit avoir des éléments pour contredire la position de la compagnie sur la présence de ces pistards venus de l’extérieur. « On demande à ce qu’il y ait une enquête, parce qu’il y a eu un appel d’offre d’ADT, Air Tahiti a répondu à cet appel d’offre, clame Frédéric Jojon. Il y a des conditions particulières, notamment d’assurance, de changement également de la documentation opérationnelle du manuel des compagnies, de chaque compagnie qui s’en opérait, et en très peu de temps, ça m’étonnerait qu’ils aient pu répondre à toutes ces conditions. »

L’avocat d’Air Tahiti rappelle que ces opérations techniques sont toujours assurées par les salariés non-grévistes et se dit serein sur l’issue de la procédure. « Je me suis livré une analyse juridique. Les principes juridiques en cause me paraissent conformes à la politique qu’a mené Air Tahiti, qui est parfaitement légale. »

Et mon sentiment, mon impression, c’est qu’en réalité, il s’agit d’une instrumentalisation de la justice. Aujourd’hui, 26 rotations ont été opérées entre les archipels pour transporter le maximum de passagers. Air tahiti assure pouvoir ramener jusqu’à ce soir 21 heures les compétiteurs de la Hawaiki Nui. « La semaine dernière, il fallait absolument faire partir les passagers au départ de Papeete, puisque les vols internationaux arrivaient. Il fallait que les gens partent dans les îles, parce qu’il y avait une problématique d’hébergement sur Papeete. Là, il y a une problématique d’hébergement sur Bora Bora, donc il faut que les gens reviennent, puisqu’autrement ils ne pourront pas se loger« , détaille Vairani Tetaria, directrice marketing d’ Air Tahiti.

Au 8e jour, le conflit social reste toujours sans issue. Une rencontre entre syndicat et la direction est prévue samedi matin.

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