Culminant à 800 mètres d’altitude, le plateau constitue la principale surface agricole plane de l’île. Le projet vise à organiser ses usages pour les 25 prochaines années tout en maintenant les exploitations existantes. Pour cela, le territoire est articulé autour de deux grands ensembles. La partie centre-ouest accueillera l’agriculture, l’élevage et les activités économiques, tandis que le secteur nord-est sera voué à la protection des falaises, de la ressource en eau et des espèces endémiques.
Une restructuration stratégique du secteur primaire
Le plan prévoit des aménagements majeurs pour développer et sécuriser les filières locales. Les surfaces de pâturage pour les éleveurs passeront ainsi de 292 à 348 hectares, remis en état puis attribués par appel à manifestation d’intérêt. Par ailleurs, 85 hectares de terres du Pays seront réservés aux arbres fruitiers, mettant leurs exploitants à l’abri des soucis d’indivision. La zone d’activités connaîtra elle aussi une forte extension, grimpant de 11 à 76 hectares pour accueillir à terme l’abattoir, du maraîchage ou de nouveaux élevages.
Sur le plan environnemental, le massif de pins, qui demeure le plus important de Polynésie française, verra sa superficie ramenée de 784 à 442 hectares au profit des vergers et de la régénération d’une forêt native. Enfin, une zone protégée de 2 600 hectares, concernée par le classement des Marquises au patrimoine mondial de l’UNESCO, sera entièrement clôturée pour prévenir les dégradations causées par le bétail.
Un projet concerté et axé sur l’autonomie alimentaire
« Les terres de To’ovi’i doivent d’abord profiter aux familles et aux professionnels marquisiens. Parquer les animaux, planter des fruitiers, transformer la viande et le bois sur place, c’est davantage de produits locaux dans les assiettes. Ce scénario a été construit avec eux et il continuera d’évoluer avec eux », a souligné Taivini Teai.
Présenté en détail par le directeur de l’agriculture, Vincent Vaucherot, ce nouveau scénario intègre les retours de la commune, des usagers, des opérateurs privés et des institutions. De son côté, le président de la Polynésie française a rappelé que l’exécutif n’avancerait pas sur ce dossier sans l’accord explicite de la commune.
Calendrier des travaux et budget prévisionnel
Une fois l’avis du conseil municipal obtenu, les marchés de maîtrise d’œuvre pourront être lancés afin de démarrer les études d’implantation dès février 2027. Le Gouvernement reviendra devant les élus municipaux une fois l’ensemble des chantiers chiffré. Le coût global de cet aménagement est actuellement estimé entre 2,7 et 4,9 milliards Fcfp.



