Un professeur de l’UPF condamné à 2 ans ferme pour recours à la prostitution de mineures

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Un professeur de l’Université de la Polynésie française a été condamné, ce mercredi, à 4 années de prison, dont 2 ferme, pour recours à la prostitution de mineures, provocation à la consommation d’alcool et de stupéfiants et tentative d’agression sexuelle. Il accueillait sous son toit de nombreuses jeunes filles en rupture familiale et sociale, certaines âgées de 14 à 15 ans. A la barre, il a nié les faits, expliquant qu’elles “squattaient” son domicile. “Je n’ai jamais exigé quoi que ce soit en échange de quoi que ce soit”, a-t-il dit.

Il a échappé au mandat de dépôt que demandait la procureure, mais n’a pas obtenu la relaxe qu’il espérait. Cet enseignant de 50 ans, professeur de génie informatique à l’UPF, a été interrogé de longues heures, ce mercredi, par les magistrats du tribunal correctionnel.

De haute taille et de forte corpulence, le quinquagénaire était poursuivi en premier lieu pour recours à la prostitution de mineures. En l’occurrence trois adolescentes de 14 et 15 ans au moment des faits (courant 2017 et 2018). Des jeunes femmes en déshérence ou en fugue qu’il avait rencontrées dans un bar de Papeete qu’il fréquentait assidument.

Rapidement, il les a accueillies chez lui, comme de nombreuses autres filles, entretenant des relations ambiguës avec elles. Il les nourrissait, leur achetait vêtements et téléphones, et souhaitait, selon ses dires, les aider à se rescolariser.

Les soirées sous son toit étaient arrosées, et le paka circulait allègrement. Dans ce huit-clos glauque, il a eu des relations tarifées avec les trois jeunes victimes, selon leurs dires.

Ce que l’homme a vigoureusement contesté tout au long de l’audience : “C’est faux. Je n’ai jamais exigé quoi que ce soit en échange de quoi que ce soit. Je suis sidéré par ces récits”.

Lui a expliqué avoir voulu soutenir ces jeunes filles en difficulté, mais avoir été rapidement dépassé par les évènements. “Ça a été une période assez difficile. Elles se sont imposées chez moi. J’essayais d’expliquer à ces squatteuses que je voulais construire ma vie, qu’il fallait qu’elles me foutent la paix (…) J’était à la merci de ces nanas (…) C’est moi qui étais en état de faiblesse”, a-t-il déclaré.

Il se serait d’ailleurs “barricadé” en posant du fil barbelé et en rehaussant le portail de son domicile afin que les jeunes femmes ne pénètrent plus chez lui à leur guise.

Reste que certains messages envoyés par le quinquagénaire sont sans équivoque. Dans l’un, il écrivait à une des ados “être un homme et avoir des besoins”. Dans un autre, il demandait à son interlocutrice “une photo de téton” et “proposait un doigt”.

“Le procès de l’exploitation”

“C’est le procès de l’exploitation de la fracture sociale. Il a manipulé et profité de ces mineures qui étaient dans la plus grande précarité, isolées. A aucun moment il n’a contacté les services sociaux, ce qu’il aurait pu faire”, s’est indignée la procureure Hélène Geiger.

“Il a une attirance fixée sur des jeunes filles à peine pubères”, a-t-elle encore tonné en dénonçant la “mauvaise foi” de l’enseignant et en s’inquiétant d’un risque de récidive élevé.

L’expert psychiatre qui s’est entretenu avec lui a écarté les tendances pédophiles, mais il a conclu à un “fonctionnement de type pervers” et à “une problématique psychoaffective et sexuelles déviante”. “Pas du tout”, a soufflé le prévenu.

En défense, son avocate, Me Marie Eftimie-Spitz, a soulevé des incohérences dans les déclarations des victimes, dont certaines sont revenues sur leurs accusations au cours de l’enquête.

“Il a vite été pris pour le gros nounours. C’est leur refuge. Elles n’ont aucun ennui avec lui. Il n’y a pas de contrepartie. Elles sont nombreuses à dire qu’il essayait de les aider”, a plaidé l’avocate en sollicitant la relaxe du tribunal.

 “Je pense sincèrement n’avoir fait de mal à personne. Elles sont arrivées dans ma vie sans que je n’aie rien demandé. J’espère que dans les moments où elles en ont eu besoin, j’ai pu être là”, a conclu le quinquagénaire avant que le tribunal ne parte délibérer.

L’enseignant a, in fine, été condamné à 4 ans de prison dont 2 ferme, une peine aménageable sous bracelet électronique. Le tribunal a également prononcé une interdiction de toute activité en contact avec des mineurs pour une durée de 3 ans et son inscription au Fichier national des auteurs d’infractions sexuelles.

Un autre homme était également prévenu dans le même dossier. Âgé de 83 ans, il n’a jamais pu être auditionné lors de l’enquête car il se trouverait en Chine. Il a été condamné, en son absence, à 5 ans de prison ferme et un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre.

Les deux hommes devront enfin verser solidairement 200 000 francs de dommages et intérêts à l’association Équipes d’Actions Contre le Proxénétisme qui s’est constituée partie civile. Quant aux jeunes victimes, elles n’ont pas assisté à l’audience.

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