Passe de Papeete : premières conclusions des études sur les requins-nourrices

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Mieux connaître les requins-nourrices pour mieux prendre en compte leur présence dans les grands projets d’aménagement maritime. Le programme Paruru Te Rohoi livre ses premières conclusions après deux ans et demi de suivi scientifique et participatif. Des résultats importants en vue du projet d’agrandissement de la passe de Papeete.

Il se nourrit sur les fonds marins, en remuant les sédiments. Le requin-nourrice fauve joue un rôle important dans l’écosystème marin. L’espèce, aujourd’hui classée comme vulnérable à l’extinction à l’échelle mondiale, est suivie depuis deux ans par une équipe de l’association Ocean Shiver.

« C’est un programme participatif qui inclut tout le monde, tous les plongeurs, tous les chasseurs sous-marins, donc on a pu mettre en place une grande base de données, explique Temehani Chand, technicien et secrétaire général d’Ocean Shiver. À ce jour, on est à 1000 observations. On a réussi à trouver des zones particulières pour ces requins-là, où ils peuvent se reproduire », détaille-t-il.

 

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Plusieurs secteurs clés ont été répertoriés entre Punaauia et la baie de Matavai, une zone classée ISRA (Important Shark and Ray Area) depuis 2024. Mais c’est du côté de la passe de Papeete que la densité de requins-nourrices observée est la plus élevée. Certaines plongées ont permis d’en compter jusqu’à huit sur un même site. De quoi formuler l’hypothèse d’une zone de reproduction. Une question importante pour anticiper la réaction de l’animal aux perturbations sous-marines.

« Est-ce qu’ils vont se réfugier plus profond, est-ce qu’ils vont migrer ailleurs? », s’interroge Clémentine Séguigne, cheffe du projet Paruru Te Rohoi.

(Crédit : TNTV)

Les données récoltées montrent un pic de présence entre mars et août, avec des femelles au début et des juvéniles à la fin. Les requins-nourrices sont présents sur une large partie de la colonne d’eau, jusqu’à 85 mètres de profondeur.

L’objectif des chercheurs est d’apporter des connaissances concrètes pour éclairer les décisions. À commencer par le creusement de la passe, qui doit démarrer l’année prochaine.

« C’est dans notre volonté de pouvoir apporter des réponses par rapport à ces requins et pour ce chantier, en fonction des décisions du port mais également pour d’autres chantiers, on est là pour accompagner, pour trouver des solutions, pour que les choses puissent se faire avec le moins d impact possible sur la nature, assure Clémentine Séguigne. Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi de la pêche qui se fait ici en Polynésie, la chasse sous-marine notamment, dans cette place qui est très prisée, qui est très poissonneuse (…). On espère que ça pourra être fait dans les meilleures conditions possibles », ajoute-t-elle.

Sous la surface, c’est tout un écosystème qui fréquente la passe : plusieurs espèces de requins, des raies, des dauphins, des tortues. L’enjeu désormais : préserver cette biodiversité, tout en permettant les grands projets de développement économique.

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