Hiva Oa : face aux contrôles, les commerçants appellent à prendre en compte l’éloignement

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À Hiva Oa, les commerces sont régulièrement contrôlés par la direction générale des Affaires Économiques. Prix, hygiène, fiscalité : les inspecteurs vérifient que les règles sont respectées. Mais dans une île éloignée de Tahiti, appliquer cette réglementation suppose aussi de composer avec des fournisseurs, le fret et des contraintes d'approvisionnement particulières.

Comme partout dans les îles, À Hiva Oa, les contrôles sont inopinés. Trois inspecteurs peuvent intervenir dans un même commerce au même moment : prix, hygiène et TVA à 1 % sont passés en revue. Une réglementation dont l’application peut pourtant devenir plus complexe lorsque les fournisseurs se trouvent à Tahiti. « Sur les 1%, on a encore certains fournisseurs qui ont des difficultés à se caler, à nous facturer à 1% depuis Papeete, explique Emile Rauzy, collaborateur du magasin Naiki. Donc, on est obligés de les solliciter. Et souvent, ils demandent aussi un extrait kBIS, qui n’est pas facile à avoir. »

Autre particularité des îles éloignées comme Hiva Oa : ici, les marchandises ne sont pas livrées chaque jour. Le ravitaillement par bateau ou avion impose aux commerces d’anticiper les commandes sur plusieurs semaines. « On reçoit toutes les deux semaines quasiment deux semaines de stock, raconte Teiki Gaubil, gérant du magasin Gaubil. Donc c’est assez lourd, ça nous oblige à avoir un gros stockage. Ça nous oblige à avoir des chambres froides. On a plus de 100 mètres carrés de chambre froide. »

Une contrainte logistique qui ne se résume pas à la place disponible pour le stockage. Elle mobilise aussi davantage de moyens pour faire fonctionner les commerces. « On a des frais supplémentaires qui sont le coût du fret. On doit avoir des employés en plus pour la gestion des stocks, pour faire tourner les produits. Donc voilà, c’est une organisation un peu différente de Tahiti. Donc comme je le disais, c’est bien aussi de s’en rendre compte et de s’adapter aussi aux réalités du terrain. »

Des impératifs qui prennent un relief particulier dans un contexte d’inflation. « Je constate que ça a beaucoup augmenté, déplore Blondine, une cliente. Presque toutes les choses ont augmenté. »

Pour les commerçants, ces contrôles restent néanmoins nécessaires. Et lorsqu’un écart est constaté, il peut avoir des suites. « Dans ce cas-là, il y a un rapport qui va nous être adressé dans un mois. Et suivant ce rapport, on aura des recommandations ou des pénalités, détaille Emile Rauzy. Suivant l’infraction qu’ils ont relevée. S’il y a infraction. »

Pour les clients, cette surveillance répond aussi à un enjeu très concret : pouvoir acheter des produits dont les conditions de conservation et de vente sont conformes. « C’est important parce que c’est pour nous-mêmes d’abord, pour les prix aussi, et puis pour le côté hygiène, déclare Florida, une habitante de l’ile. Comme ça, quand tu manges, c’est sain, tu vois. »

Et Hiva Oa ne répond pas seulement aux besoins de ses propres habitants. C’est aussi un point d’approvisionnement pour les îles voisines. Elizabeth vient de Tahuata. « Il n’y a pas de légumes. J’en ai besoin. C’est bon pour moi. »

À Hiva Oa, commerçants et consommateurs ont donc un intérêt commun : maintenir une offre alimentaire accessible et sûre. Mais les propriétaires des commerces, veulent aussi que la DGAE comprennent qu’il faut tenir compte des difficultés particulières liées à l’éloignement.

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