Prévention, abris et fonds d’urgence : le fenua est-il prêt face à El Niño ?

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Face à la menace El Niño, le Pays se prépare à faire face à d’éventuelles conséquences sur le fenua et à l’inquiétude des élus. Si le renforcement des moyens financiers d’urgence est nécessaire, l’opposition appelle à aller plus loin. Car au-delà des finances, la prévention et la préparation des population doivent aussi être pris en compte.

El Nino est au cœur des préoccupations des climatologues mais aussi des responsables politiques. Ce phénomène météo dont l’intensité s’annonce exceptionnelle, demande une anticipation des pouvoirs publics. Le gouvernement a ainsi décidé de renforcer son budget de « dépenses imprévues ». « Alors c’est vrai que ça a été beaucoup discuté dans le cadre des débats sur le troisième collectif. Donc effectivement on a abondé de 200 millions supplémentaires ce fonds, qui chaque année est doté de 400 millions Fcfp, explique Warren Dexter, ministre de l’Économie, du Budget et des Finances. Avec les prévisions pessimistes des climatologues, c’est vrai qu’on doit s’attendre sans doute à devoir abonder des sommes supplémentaires. Mais après dans quelles limites, on ne sait pas, parce qu’à définition on ne sait pas quelle sauce va être mangés par cet El Nino. »

Car ces 600 millions de « dépenses imprévues » doivent permettre de couvrir l’ensemble des besoins exceptionnels qui pourraient toucher le fenua, qu’ils soient climatiques ou non. Avec une priorité : la protection des populations et des infrastructures. « Demain ça arrive, on a ces 600 millions qui peuvent être immédiatement disponibles pour financer les dépenses les plus urgentes. Par contre, si on doit aller sur des investissements pour des reconstructions, des autorisations de programmes, même avec cette forme à simplifier dans le code des marchés publics, ça va prendre un peu de temps. Si ça se trouve, pas avant quelques semaines avant de pouvoir engager des travaux. »

 

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Pour certains élus de l’opposition, cette enveloppe de fonds d’urgence devrait être nettement supérieure. « Je pense que pour avoir déjà vécu des catastrophes naturelles, cette ligne doit être abondée d’un minimum d’un milliard, estime la députée et représentante à l’assemblée Nicole Sanquer. Mais on verra au niveau du budget, si le gouvernement réagit avant nous, sinon on réagira à la place du gouvernement.« 

Plans de préventions et formations des agents communaux sont également une nécessité, aux yeux des élus. Pour Tepuaraurii Teriitahi, maire de Paea, représentante à l’assemblée de Polynésie et vice-présidente du Centre de gestion et de formation, « au-delà des moyens financiers, il faudrait effectivement mettre en place beaucoup plus de prévention, beaucoup plus d’action, d’information. Pas pour faire peur, puisqu’on voit bien quand même qu’il y a beaucoup de gens aujourd’hui qui craignent quand ils entendent parler du phénomène. Mais pour que les gens se sentent prêts, se tiennent prêts à affronter cette éventualité ».

Le phénomène El Nino et les moyens alloués pour y faire face en cas de besoins seront de nouveau au centre de discussions mardi à l’assemblée. Dès 9 heures, la commission de l’équipement se penchera sur les bâtiments publics pouvant servir d’abris de survie aux Tuamotu.

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