Bijoux, montres… les biens saisis de trafiquants vendus aux enchères au tribunal

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Trois ventes aux enchères sont organisées cette semaine par les Finances publiques. Celle de ce mercredi avait une particularité : elle se tenait au tribunal de Papeete et concernait uniquement des petits biens mobiliers saisis, notamment des bijoux et montres de valeur. Le produit de la vente sera redistribué par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués.

La salle où les trafiquants sont jugés s’est transformée ce mercredi. Leurs biens saisis passaient sous le marteau. Le malheur des délinquants a fait le bonheur des acheteurs, venus nombreux dès 8 heures. « C’est la seconde fois. Il y a 15 ans à peu près on avait déjà réalisé une vente au sein même de ce tribunal pour des bijoux, se souvient Tania Brandts-buys, responsable du service du domaine à la direction des finances publique. Il y a des habitués et des nouveaux clients aujourd’hui donc c’est bien.« 

Les 65 lots ont trouvé preneur. Ces biens ont été saisis dans deux affaires de trafic de stupéfiants, avant même le jugement de leurs propriétaires. Des saisies qui peuvent être contestées devant la chambre de l’instruction. Et elles le sont régulièrement, explique Frédéric Benet-Chambellan, Procureur général près de la cour d’appel de Papeete : « On met le paquet, si je puis dire, sur la saisie et la confiscation des biens parce que ‘on sait que c’est ça qui leur fait mal. C’est ça qu’ils redoutent. Et c’est ça qui permet aussi de dire à nos concitoyens, vous voyez ça a été mal acquis, mais ils ont en pas tiré profit et derrière ça permet d’acquérir des choses à des prix intéressants pour les gens qui sont en salle des enchères et en même temps derrière l’argent revient d’une façon ou d’une autre vers l’ensemble de nos concitoyens. »

Le produit des ventes est récupéré par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. L’argent revient notamment à l’État, aux victimes et aux services d’enquête, ou finance des actions contre le proxénétisme. Une redistribution vertueuse, mais pour les acheteurs, l’essentiel est ailleurs : faire une bonne affaire. « Je m’estime heureux pour les tarifs qui sont pratiqués, je suis allé voir en magasin, témoigne un acheteur. Ces gens ont joué ils ont perdu et maintenant c’est nous qui allons boire à leur santé. »

Les occasions devraient se multiplier : le directeur des Finances publiques annonce des ventes aux enchères bientôt plus fréquentes, passant d’une moyenne d’une par trimestre à une tous les deux mois.

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