Quelques tôles, un plancher, mais ni d’eau, ni électricité. C’est dans ces conditions précaires qu’Antonio vit aujourd’hui. Depuis 1845, un accord familial permettait à ses ancêtres d’exploiter cette terre de Murifenua, de génération en génération : d’abord son grand-père, puis son père, et enfin Antonio.
Mais la vente récente du terrain par ses propriétaires a changé la donne. Loin de vouloir semer la discorde, Antonio cherche simplement aujourd’hui à surmonter une situation qui le dépasse.
« Je n’ai pas toujours été informé des projets de la famille et, aujourd’hui, j’en paye les conséquences. Je me retrouve complètement démuni, chassé de gauche à droite. Là, je n’ai quasiment plus de revenu, plus de quoi travailler, je suis comme un sans-abri », confie le coprahculteur.
Mais rapidement, son entourage s’est mobilisé. Des amis lui ont construit un abri de fortune, et lui ont fourni de quoi dormir et manger.
« J’ai un four, un lit, de quoi ranger mon linge. Ce n’est pas le grand luxe, mais au moins j’ai de quoi m’abriter », sourit-il, pudique.
« Nos anciens nous ont appris à aider »
D’autres soutiens ont aussi pensé aux animaux. Une cagnotte en ligne a par ailleurs été lancée : elle dépasse aujourd’hui les 300 000 francs.
« Nos anciens nous ont appris à aider quiconque est au fond d’un gouffre. C’est ce que nous faisons », explique Tuarae mahai, l’un de ses cousins. « Je ne suis pas de sa famille, mais le fait qu’il soit dans la détresse… je veux l’aider », ajoute Timoteo, un ami.
La commune suit également le dossier. Le maire délégué de Tapuamu, Pascal Tamaehu, dit travailler à des pistes concrètes pour accompagner Antonio.
« Je vais voir avec tavana. Comme il a déjà un compteur chez lui, on va voir si on ne peut pas le transférer sur un autre terrain », indique l’élu.
Autant de gestes de soutien qui touchent Antonio : « Je voudrais remercier profondément tous ceux qui m’ont aidé, de Taha’a, de Raiatea, à Papeete. Je vous remercie du fond du cœur ».
En attendant qu’une issue favorable soit trouvée, il tâche de garder le sourire pour tous ceux qui, de près comme de loin, lui tendent la main.



