C’est sur la scène de To’ata que tout s’est joué. Pour la deuxième fois, Hereiti Tixier s’est présentée au concours de la meilleure danseuse du Heiva i Tahiti. En 2025, elle était repartie sans prix. Cette année, la jeune femme a choisi d’aborder l’épreuve avec un autre état d’esprit.
« L’année dernière, j’avais déjà vécu ça. Je savais déjà ce que ça représentait, le nombre d’heures de travail que ça allait représenter. Et du coup, je ne voulais pas me mettre plus de pression que ça, donc j’y suis allée petit à petit. J’ai travaillé un peu après les répétitions, un peu avant. C’est ma grande sœur qui m’a entraînée. On allait aux répétitions ensemble et, dès qu’on rentrait, soit je lui proposais des pas, soit c’est elle qui me proposait des pas… On a vraiment travaillé ensemble », raconte-t-elle.
Le soir du 7 juillet, tout fonctionne. Même un mouvement risqué, qu’elle n’avait répété qu’une seule fois sur le plancher de To’ata. À travers son solo, Hereiti défend un sujet qui lui tient à cœur : la préservation des fleurs locales face au plastique et à la surconsommation.
Depuis les gradins, son père, Heiarii, vit cette soirée avec émotion. Il connaît le parcours de sa fille et le rêve qu’elle nourrit depuis l’enfance. « C’est son rêve depuis qu’elle est toute petite : devenir meilleure danseuse. C’est quelque chose pour lequel elle a énormément travaillé. Mais on sait bien que, pour acquérir un titre comme celui-là, le talent ne suffit pas. Il faut du travail, de la persévérance. (…) Elle a l’habitude de tomber et de se relever. »
Du taekwondo aux scènes internationales
Hereiti découvre le ‘ori Tahiti à l’âge de 4 ans. Quelques années plus tard, elle se lance dans le taekwondo, jusqu’à décrocher sa ceinture noire, avant de revenir à la danse. L’art martial lui apprend la discipline, mais aussi à accepter la défaite : des valeurs qui l’accompagneront ensuite dans son parcours de danseuse.
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Bien avant son sacre au Heiva i Tahiti, elle s’était déjà illustrée en 2019 en remportant le titre de meilleure danseuse du Heiva Taure’a. La même année, elle avait terminé deuxième de la compétition ‘Ori Tahiti Nui Solo.
En 2022, au Heiva i Paris, la danseuse tahitienne avait remporté le premier prix de la meilleure danseuse dans la catégorie des 15-19 ans. Elle s’était également classée troisième, toutes catégories confondues.
Transmettre son expérience
Après le Heiva et plusieurs compétitions internationales, Hereiti a retrouvé ses élèves pour la reprise des cours. Loin des projecteurs, la compétitrice redevient professeure et transmet sa passion : « Ça fait du bien de revenir à l’école de danse aussi. J’enseigne depuis 2020. Le cours d’aujourd’hui se consacre vraiment à la technicité, à la prise de confiance en soi, pour les préparer au mieux aux concours solos », explique-t-elle.
La jeune femme connaît la pression de la compétition et les nombreuses heures de répétition nécessaires pour progresser. Une expérience dont elle fait désormais profiter ses élèves. « On attend un niveau assez exigeant en compétition, et qu’on puisse aller au-delà avec Hereiti, c’est vraiment sympa », confie Emi, l’une des danseuses.
« Elle sait déjà comment je dois m’y prendre, et du coup je vais écouter ses conseils. Vu qu’elle est forte, elle a les techniques, ça me motive », ajoute Tauhei, une autre élève.
Hereiti Tixier poursuit désormais son chemin entre transmission et compétition. La meilleure danseuse du Heiva i Tahiti 2026 retrouvera les feux des projecteurs à la fin du mois de novembre, à l’occasion du Hura Tapairu.



