Une trentaine de personnes par session, la musique poussée à fond et des exercices qui s’enchaînent à un rythme soutenu. Ici, pas de chorégraphie à apprendre par cœur : pendant une heure, le ‘ori Tahiti se transforme en véritable entraînement physique à haute intensité.
« Je donne des cours de cardio, mais vraiment renforcés. Ça veut dire que dans mon programme, ce n’est pas que du ‘ori Tahiti : il y a du renforcement musculaire, et il y a du challenge aussi pour les personnes qui viennent pour se challenger. Il y en a qui viennent pour se détendre, se libérer du travail… Je me suis lancée en janvier, pour repartir à zéro et trouver une activité propre à moi. La plupart des personnes qui viennent aux cours de cardio, ce sont des personnes qui ne veulent pas être pressées par les cours ou la confection des costumes. Ce sont plus des personnes qui veulent se relâcher de toute leur journée » explique Bonnie Apiu, fondatrice et coach du centre Ta’aina.
Un concept singulier qui bouscule également les codes musicaux. Les exercices sont réalisés sur des musiques traditionnelles, mêlées à des rythmes internationaux et à des sonorités plus modernes. Loin de déranger, ce mélange séduit.

« Ce n’est pas du tout une école de danse, donc il y a une grande différence entre une école de danse et les cours de cardio… On n’apprend pas de chorégraphie ici… Moi, sincèrement, j’encourage, parce qu’il y a beaucoup d’écoles de danse ici, donc il manquait peut-être un cours de cardio. C’est complémentaire par rapport au renforcement du corps… Et ici, les musiques, ce n’est pas que du ori Tahiti, des pehe tumu comme on dit, c’est des musiques plus entraînantes, venues d’ailleurs. C’est vrai, il ne faut pas être gêné à danser sur ça » admet Matatini Mou, meilleure danseuse du Heiva i Tahiti 2019.
Cette liberté attire un public très varié : des élèves de tous niveaux, des passionnés de longue date désireux de repousser leurs limites, mais aussi des danseurs venus de l’étranger.
« Ce que j’aime bien ici, c’est qu’on peut danser sans forcément apprendre de choré. On fait beaucoup de cardio, les pas de base, on renforce son cardio… Et c’est ce que j’aime beaucoup. Ça permet de diversifier différents tempos, on danse sur des chansons en espagnol etc. Parfois elle y a quelques cours avec un pahu, donc ça permet aussi de revenir au traditionnel » confie Nuihere Taputuarai, danseuse depuis 15 ans. « Je viens du Mexique… C’est très bon pour travailler la force, les pas basiques. J’aime bien » ajoute Carlos De La Concha, danseur.

Sans la pression de la scène, des représentations ou de la confection des costumes, chacun vient chercher ce dont il a besoin : se défouler, progresser ou simplement retrouver le plaisir de danser. Une formule qui, quelques mois seulement après son lancement, semble avoir trouvé son public.



