TNTV : Minarii Galenon, vous le disiez en avril sur ce plateau, c’est bien souvent à l’école que l’on se rend compte qu’un enfant est autiste. Mais est-ce que les enseignants ou même les parents sont assez formés pour détecter ça chez son propre enfant ?
Minarii Galenon-Taupua, vice-présidente, ministre des solidarités, en charge de la famille, de la condition féminine, des personnes non autonomes et des relations avec les institutions : « Alors, il faut savoir que pour les parents déjà, c’est très très compliqué. Vous savez quand vous avez un enfant, c’est l’enfant le plus merveilleux du monde. Et souvent lorsqu’il y a des problèmes, et surtout l’autisme, c’est quand même un handicap invisible. Il faut vraiment connaître les symptômes pour pouvoir dire que mon enfant a le trouble du spectre de l’autisme. Donc au niveau des enseignants, vous avez des enseignants qui sont formés. Mais je pense qu’aujourd’hui, il faut faire plus d’informations, plus communiquer sur ce que c’est que le trouble du spectre de l’autisme aujourd’hui, d’où notre plan. »
TNTV : On parle aujourd’hui de près d’un millier d’enfants concernés contre 250 recensés. Comment expliquer cet écart ? Est-ce qu’on a un manque de médecins, un manque de spécialistes justement ?
Minarii Galenon-Taupua : « Non, je ne pense pas. C’est parce que ce sont déjà nos familles polynésiennes. Vous savez que chez nous, vous avez les familles élargies. Lorsqu’on a un problème, c’est tout le monde qui se mobilise. On a encore ce sens de la vie et puis je dis, heureusement, que nous sommes comme ça. Mais cependant, aujourd’hui, on a vraiment voulu, au niveau de notre gouvernement, parce que c’est une priorité, c’est de travailler l’inclusion au niveau du handicap. Donc c’est un premier pas. J’ai fait ce travail avec la déléguée interministérielle, donc Nathalie Salmon-Hudry. Et toutes les deux, nous avons surtout voulu réunir toutes les ministres femmes, parce que nous sommes toutes des mamans, pour pouvoir être sensibles à cette problématique. Donc la ministre de la Santé, la ministre de l’Éducation, la ministre de la Jeunesse, la ministre de l’Emploi, et moi-même. Je trouve que c’est un travail vraiment en interministérialité. C’était important. Et je vous dis pour ces enfants, puisque nous travaillons jusqu’aux enfants, les adultes de moins de 20 ans, parce que cela est important pour nos familles.
Comme vous le savez, en tant que ministre des Solidarités, j’ai vraiment voulu prioriser les familles d’abord, bien connaître leurs difficultés. Et je voulais aussi rendre hommage à toutes ces associations qui s’occupent de ces enfants, de ces troubles, parce que c’est grâce à elles que nous avons pu aussi travailler, avoir beaucoup de données, avoir cette collecte de données.
Je reconnais que ce n’est pas suffisant, mais comme je vous l’avais dit, c’est sur trois ans. Nous allons mettre les moyens au niveau de notre gouvernement, parce que pour notre président, c’est aussi une priorité. Donc c’est pour cela que nous avons le plaisir de vraiment présenter ce plan TSA 2023-2026, ce vendredi 14 août à 8 heures à la présidence. »
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Madame la vice-présidente, toujours au sujet des enfants, je vous propose à présent de regarder ce reportage consacré à l’unité Pare Ora de Pirae. Depuis mai 2024, elle accueille les jeunes victimes de violences, mais la convention entre le Pays et l’Etat nécessaire aux réquisitions pour les actes judiciaires n’a toujours pas été signée.
« Alors, je voulais juste dire que concernant ces enfants, surtout la petite enfance qui est vraiment en danger, ces enfants qui ont subi des blessures… On ne peut pas rester insensible. Au niveau du Pays, nous avons assumé nos responsabilités puisque, au niveau de mon ministère, j’aide à hauteur de 24 millions Pare Ora, et le ministère de la Santé à hauteur de 16 millions.
Nous estimons au niveau du gouvernement que nous assumons nos responsabilités. Cependant, concernant la signature de la convention, nous venons d’entendre parler le procureur général. Et je trouve que c’est déjà un procureur général qui va à la rencontre de tout le monde, justement, pour bien connaître les problématiques. Et nous venons aussi d’entendre la présidente de Pare Ora, Mme Laurence Bonnac, qui disait que ça allait s’arranger. Donc, pour moi, c’est tout à fait positif. Cependant, je tiens à rappeler que la médecine légale et la justice sont des compétences d’État. Nous, nous assurons le fonctionnement de Pare Ora. C’est ce que nous faisons au niveau de notre gouvernement. »
Justement, on l’a entendu, le CHPF explique ne pas avoir été réglé en totalité. Donc, le CHPF pourrait aussi voir d’un mauvais œil qu’une partie de sa patientèle, donc de son financement, bascule aussi vers une autre entité. Est-ce que cette rivalité entre ces deux établissements de santé a pesé aussi dans ce blocage ?
« Comme il s’agit ici de la médecine légale, comme je vous le disais tantôt, ça concerne les compétences de l’État. Parce que pour nous, c’est vrai qu’il y a forcément des discussions à avoir. Mais au niveau du Pays, nous avons assumé nos responsabilités sans problème. »
Pendant ces deux ans sans réquisition systématique, ce sont les enfants victimes de violences qui continuent d’être entendus ailleurs, dans des conditions parfois moins protectrices que cette unité qui est censée offrir. Qu’avez-vous à leur dire, à eux et à leur famille ?
« Non, je pense qu’au niveau de Pare Ora, pour la prise en charge de ces enfants, tout a été fait dans les règles. Je pense que ce sont juste des problèmes matériels encore qu’il y a à régler. Mais ça ne touche pas directement les enfants, puisque les enfants sont pris en charge. Et jusqu’à présent, je n’ai pas entendu d’obstacle, je n’ai pas entendu de problème. C’est vraiment l’histoire de la convention. Et cette convention-là, pour qu’elle soit signée, je pense que tout doit être éclairci entre tous les partenaires. »
Et qu’est-ce qui bloque alors aujourd’hui ?
« Ah, je ne peux pas vous répondre, puisqu’il ne s’agit pas du Pays. Nous, on n’a aucun problème. C’est ce que je viens de dire. Nous assumons nos responsabilités. La médecine légale, c’est l’État. Et puis la justice, c’est l’État. Donc on attend que ça se débloque au niveau de la justice et au niveau de l’État. »
Merci beaucoup, madame la Vice-présidente, d’avoir accepté notre invitation.
« Bonne soirée. Merci de l’invitation. »



