Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le Tavini Huiraatira évoquait le « naufrage en direct de ce qui doit être une réussite polynésienne ». Le parti indépendantiste dénonçait le retard pris dans la réalisation des infrastructures et faisait part de ses craintes quant à la tenue des Jeux du Pacifique en 2027.
Des critiques auxquelles les responsables sportifs et les organisateurs ne souhaitent pas répondre sur le terrain politique.
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« Chacun fait son jeu. La politique a son jeu de politique, de politicien, de politique politicienne. Nous, on n’est pas là », tranche Louis Provost, président du Comité olympique de Polynésie française (COPF), lors d’une conférence de presse ce vendredi après-midi, organisée à l’occasion de la venue du Pacific Games Council (PGC).
Ce dernier rappelle que la Polynésie s’est portée candidate pour accueillir les Jeux autour d’un projet précis et que l’organisation de l’événement repose désormais sur des engagements partagés entre le Pays, le COPF, le comité organisateur et le PGC.
« Si on a candidaté, c’est qu’on n’a pas vendu du rêve, on a vendu un projet. Aujourd’hui, et dans le contrat, le Pays doit accompagner effectivement le comité d’organisation », souligne-t-il. « Ils ont signé un contrat, comme nous. J’ai signé un contrat, le président du Pays a signé un contrat, le PGC a signé un contrat, et nous nous devons de respecter ce contrat. »
Pour Louis Provost, les querelles politiques ne doivent pas détourner les organisateurs de leur objectif : faire des Jeux une réussite sportive, mais aussi une vitrine pour le fenua : « Nous, on recherche quoi ? On recherche que notre pays, au travers du sport, que la vitrine soit belle, qu’elle soit propre, qu’elle soit transparente ».
« L’union fait la force et l’oignon fait la soupe. Nous, on ne veut pas de la soupe, on veut de la force pour gagner. »
Le président du COPF souhaite par ailleurs que les athlètes venus de toute la région repartent avec une image positive de la Polynésie et de l’accueil qui leur aura été réservé : « Lorsque les autres athlètes vont rentrer chez eux, qu’ils disent : “À Tahiti, on a été bien reçus, on était bien.” Et qui va en bénéficier ? C’est le Pays. Et qui est dans le Pays ? La population et le politique. »
Il appelle donc l’ensemble des acteurs concernés à dépasser leurs divergences : « Tout le monde doit se retrouver dans la même pirogue et ramer dans le même sens. C’est ce que l’on leur demande. Unissons-nous, tous ensemble. »
Louis Provost résume enfin son message avec une formule teintée d’humour : « L’union fait la force et l’oignon fait la soupe. Nous, on ne veut pas de la soupe, on veut de la force pour gagner. »
« Les Jeux ne vont nulle part »
Président du Pacific Games Council, Vidhya Lakhan se veut, lui aussi, rassurant. Fort de l’expérience du PGC dans l’organisation régulière de cet événement régional, il estime que Tahiti se situe actuellement « au milieu » du calendrier de préparation habituellement observé.
Il reconnaît néanmoins l’existence de difficultés et d’un calendrier contraint. « Il y a des défis, des problèmes, mais ils sont résolus à notre satisfaction. Évidemment, le temps est un peu contre nous, mais nous avons assez de temps pour faire les choses », affirme-t-il.
Selon lui, d’autres pays hôtes sont parvenus à organiser les Jeux avec des délais plus courts. « Ça va se passer. Les Jeux ne vont nulle part. Les 24 sports au programme auront lieu à Tahiti l’année prochaine », assure le président du PGC.
Une nouvelle échéance en mars
La prochaine visite du Pacific Games Council est prévue en mars. Cette fois, la délégation sera composée de chefs de mission, qui attendront des informations plus précises sur l’organisation et les infrastructures.
« Ils veulent avoir vraiment les données chiffrées, et ensuite une présentation de plus en plus technique de l’organisation des Jeux du Pacifique », explique Noëlline Parker, présidente du comité organisateur.
Elle souligne que la coordination se renforce progressivement entre le Pays, les ministères, les administrations, les partenaires, les entreprises et les fournisseurs. « Le temps passe vite », reconnaît-elle, tout en disant avoir confiance dans la capacité des différents acteurs à tenir l’échéance.
« Si chacun remplit sa responsabilité, il n’y a pas de souci, on sera au rendez-vous et ce sera une belle fête sportive et populaire », estime-t-elle. Pour Noëlline Parker, les Jeux constituent avant tout « un projet de société » destiné à fédérer les équipes, les pays et la population. « Ce n’est pas un sujet politique », insiste-t-elle. « On laisse de côté tout ça et on avance, et avec confiance surtout. »



