L’A400M teste les pistes du fenua avant son déploiement en 2030

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Avec une capacité d’emport six fois supérieure à celle d’un Casa, une autonomie de plusieurs milliers de kilomètres et sa faculté d'atterrir sur des pistes courtes, l'A400M ouvre une nouvelle dimension aux capacités aériennes françaises dans le Pacifique. Son déploiement en Polynésie à l'horizon 2030, doit aussi contribue à renforcer la crédibilité de la France et son champ d'action dans la région.

Démonstration grandeur nature ce jeudi après-midi pour l’A400M : l’appareil a mis le cap sur Mataiva et sa piste de 1 200 mètres. Un terrain d’atterrissage plutôt court, mais aussi étroit. Parfait pour mettre à l’épreuve les capacités de ce géant des airs. « L’intérêt de cet appareil, c’est qu’il a été fabriqué pour pouvoir se poser sur une piste courte. Courte pour nous, ça veut dire environ 1 000-1 200 mètres de longueur et aussi étroite. On est aussi sur des pistes de 22 à 30 mètres de large, ce qui est assez faible pour un avion de cette dimension. Et sur des pistes comme celle-ci, comme Mataiva par exemple, on pourrait très bien emmener un chargement d’environ 20 tonnes » explique le Capitaine Romain, pilote de l’A400M.

La soute modulaire de l’appareil lui permet en réalité d’embarquer jusqu’à 37 tonnes : « Par rapport à un CASA, on estime la différence à un chargement six fois supérieur. L’A400M, peut embarquer un ou deux hélicoptères de type Caracal. Il peut transporter jusqu’à neuf palettes, des bateaux, des camions, des chars… tout un tas de matériel, mais aussi jusqu’à 116 passagers ».

 

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« Sur le chargement de véhicules, on va avoir des mesures qui vont être prises, des tests qui sont établis, et à l’issue, on a un plan de chargement qui est fait avec des arrimages déterminés. Et en suivant cet arrimage déterminé, on sait qu’on a les reconnus nécessaires pour le vol » précise le Sergent Chef Nicolas, chef de soute de l’A400M.

Chaque recoin de la soute est équipé de points d’ancrage et de systèmes d’arrimage : « On va avoir des sangles, des chaînes, qui vont nous permettre d’arrimer notre chargement au plancher de l’avion. Elles sont rangées dans des cloisons qui sont sur les murs. On va ensuite les accrocher sur des anneaux au sol pour immobiliser le chargement ».

Polyvalent, l’A400M peut également ravitailler d’autres avions en vol, comme lors du passage des Rafale en Polynésie en 2021.

Son autonomie de plusieurs milliers de kilomètres et sa vitesse de croisière lui permettent par ailleurs d’assurer des liaisons stratégiques dans toute la région : six heures seulement pour rejoindre la Nouvelle-Calédonie, contre treize auparavant, un vol direct jusqu’à Hawaii ou encore l’accès à une trentaine d’aérodromes du Pays.

Un changement d’échelle sans commune mesure pour les forces armées de Polynésie française. « Cet avion donne des capacités de long rayon d’action, de transport pour pouvoir agir loin, à des distances démultipliées par rapport aux capacités actuelles (…) des capacités qui sont aussi démultipliées, c’est-à-dire six fois plus de matériel sur des pistes courtes qui ne sont pas forcément toujours en très bon état. (…) Et évidemment, dans les cas de crise humanitaire, crise climatique, c’est une possibilité d’assistance à la population qui est assez exceptionnelle » indique Yann Bied-Charreton, commandement supérieur des Forces Armées en Polynésie française (FAPF).

Basé à Orléans, l’appareil de l’escadron Béarn devrait être pré-positionné au fenua à l’horizon 2030. Objectif : afficher la montée en puissance de l’armée française dans la région : « C’est la crédibilité de l’action de la France dans la zone. C’est montrer qu’on développe des moyens. C’est une démonstration capacitaire et la possibilité aussi pour nos partenaires de voir que la France s’équipe et qu’elle est crédible dans ses engagements pour pouvoir assister en cas de crise humanitaire notamment ou en cas de choc géopolitique ».

Évacuations sanitaires, acheminement de secours ou interventions sur une catastrophe naturelle : derrière sa vocation militaire, l’A400M pourrait surtout, en Polynésie, sauver du temps… et parfois des vies.

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