La guerre entre Iran et États-Unis s’installe, Ormuz quasi paralysé

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Toujours aucun signe d'accalmie entre l'Iran et les États-Unis après une semaine de frappes, qui se sont poursuivies mercredi, les deux parties réduisant en pièces le protocole d'accord en recommençant à bloquer les ports iraniens et le détroit d'Ormuz.

L’Iran, qui a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz le week-end dernier, a promis que cette voie maritime resterait fermée jusqu’à la fin des « agressions » américaines. Et les États-Unis ont rétabli mardi soir leur blocus des ports iraniens, avant de bombarder à nouveau les côtes iraniennes.

L’Iran a de son côté ciblé des installations américaines dans la région, une situation qui mine toujours plus les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable à la guerre déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains.

 

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Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l’Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril, mais Téhéran est pour l’heure épargnée, comme les installations pétrolières et gazières du Golfe. 

Ces tirs ont fait voler en éclats le protocole d’accord signé à la mi-juin et qui devait mettre fin aux hostilités.

« Un protocole d’accord n’a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées; si l’Iran ne doit tirer aucun bénéfice de ce protocole d’accord, nous n’avons aucune raison de nous y conformer », a déclaré mercredi le négociateur iranien en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, à la télévision d’Etat Irib.

« Nous survivons »

Mercredi, la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d’Iran, a encore été visée par les États-Unis, comme les environs de ville d’Iranshahr (sud-est). Sept militaires y ont été tués dans leur caserne, selon l’armée iranienne qui a recensé 13 tirs de missiles américains.

« Les frappes ont encore réduit la capacité de l’Iran à attaquer les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz », selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) qui a parlé d’une vague d’une durée de 90 minutes.

Plus de 30 civils sont morts depuis que les affrontements ont repris, selon le dernier bilan du gouvernement iranien. 

« Les enfants sont tellement effrayés par le bruit des explosions qu’ils ne s’endorment pas avant le matin », témoigne Khadijeh, interrogée par l’AFP depuis Paris. « Les effets de la guerre resteront longtemps dans nos vies, nos esprits et notre santé mentale », ajoute cette artisane de 31 ans qui vit dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est).

« Nous ne vivons pas, nous survivons. Que Dieu mette fin à la guerre, puis aux difficultés économiques », prie Nadin, enseignante de 27 ans dans la même région.

En riposte, Téhéran a visé Bahreïn, le Koweït et la Jordanie. Mercredi soir, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions près du consulat des États-Unis à Erbil, au Kurdistan irakien, après des survols de drones qui ont conduit à l’activation de la défense anti-aérienne.

Le Qatar, qui avait été ciblé dimanche bien qu’il soit l’un des pays médiateurs dans ce conflit, a lui accueilli le ministre iranien des Affaires étrangères. Abbas Araghchi doit y « rencontrer les autorités qataries et présenter ses condoléances » après la mort de l’ex-émir, selon ses services.

« Mal tourner pour eux »

Dans le détroit d’Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises et par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s’est raréfié après l’attaque de plusieurs pétroliers, avec 13 navires commerciaux recensés mardi selon la société de suivi maritime Kpler.

Outre l’impact sur le commerce mondial d’hydrocarbures, l’ONU s’est alarmée mardi des « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » du blocage de cette « voie de passage essentielle dont dépendent des millions de personnes ».

Les cours du pétrole refluaient mercredi après l’envolée de ces derniers jours, le baril de Brent évoluant autour de 84 dollars.

En réimposant le blocus de ports iraniens, le président américain entend faire pression sur Téhéran qui veut garder la main sur le détroit et n’autorise qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

Sur le terrain, les menaces des autorités iraniennes à l’encontre des bateaux empruntant la voie omanaise, soutenue par les États-Unis, sont prises au sérieux puisque selon Kpler, aucun ne l’a prise mardi.

Le président américain a lancé un nouvel ultimatum aux Iraniens: soit ils reprennent les négociations, soit « la semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux », a-t-il dit, évoquant la possibilité de bombarder des ponts et des centrales électriques.

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