C’est le soulagement pour la sœur d’un des militaires séquestré par la famille soupçonnée du meurtre de deux océaniens. Interrogée par nos confrères de Var Matin, elle est revenue sur ses années d’angoisse. Son frère a été retenu durant 5 ans à Fréjus où vivait la famille qui a ensuite déménagé à Toulon. « Nous avons fait partie des premiers à déposer plainte il y a plus de dix ans, mais tout avait été classé sans suite en 2015-2016, raconte-t-elle. On nous a demandé des preuves que nous n’avions pas. C’était la parole de mon frère contre la sienne. On ne nous croyait pas. »
Cinq membres de cette famille ont été mis en examen le 29 mai des chefs de « traite d’êtres humains commise en bande organisée et de séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée », a annoncé le procureur de Toulon cette semaine. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces personnes ciblaient de jeunes hommes isolés, souvent militaires. Après avoir obtenu leur confiance, ils les dépouillaient de leurs papiers d’identité, contrôlaient leurs moyens de paiement et exerçaient une emprise psychologique, rapporte le média du Sud de l’Hexagone.
Le jeune homme et sa soeur connaissaient la famille soupçonnée. « Nous étions de la même île. On leur faisait confiance ». Elle estime avoir été « bernée ». « Mon frère était un jeune militaire promis à un brillant avenir. Il a été traité pire qu’un chien errant, comme un animal sauvage », raconte l’interviewée qui rapporte les blessures « physiques et mentales » de son frère. « Il n’est plus lui même depuis ces faits. Il est incapable de reparler de cette période. Nous essayons de ne plus aborder le sujet pour le protéger. »
Séquestré lorsqu’il avait 23 ans, le jeune homme a disparu 5 ans avant d’être retrouvé en 2016. Mais la famille ne s’est pas arrêtée là et aurait tenté de « l’emmener de force » après qu’il soit retourné près des siens.
Lors d’une perquisition réalisée en début d’année au domicile du clan familial, des objets appartenant au frère ont été retrouvés.
« La haine est encore très présente dans nos coeurs, mais savoir que cette procédure avance nous donne un sentiment de soulagement, confie la soeur. Nous n’attendons qu’une chose désormais : que justice soit faite. »
Selon Var Matin, la mère de 52 ans mise en examen pour le meurtre des deux militaires est présentée comme la figure centrale de cette terrible histoire. Elle aurait envoyé sa fille séduire les militaires. Des soldats qu’elle hébergeait et qu’elle insultait et frappait. Son ex mari la décrit comme une femme autoritaire qui « lui criait souvent dessus » et l’insultait.



