Elle n’a jamais vraiment rêvé de couronnes ni suivi les concours de beauté. Pourtant, c’est bien sur la scène de Miss Planet International que Carolina Pradine représentera la Polynésie française en mars 2027, au Cambodge. Une première pour le fenua.
Née d’un père français et d’une mère cambodgienne, Carolina a grandi à Lyon. Petite, elle s’intéresse déjà à la mode et aime s’habiller, sans pour autant se rêver un jour reine de beauté. « J’étais plutôt la fille au fond de la classe avec les lunettes et la queue de cheval », raconte-t-elle avec le sourire. Élève studieuse, elle privilégie avant tout la réussite scolaire.
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La jeune femme de 21 ans s’est installée en Polynésie il y a trois ans pour y suivre des études en sciences de la vie. Un choix motivé par une passion ancienne pour le monde marin. « Depuis très jeune, je nourris ce rêve de devenir biologiste marin. À Lyon, on n’avait pas cette chance d’être autant entourés de l’océan et de tout ce qu’on y trouve. C’est vraiment pour ça que je suis venue ici », explique-t-elle.
Dplômée d’une licence en sciences de la vie, elle vient d’être admise dans un master en fonctions et conservations des écosystèmes à Marseille. Un cursus qu’elle a choisi de suivre à distance afin de pouvoir rester vivre en Polynésie, avant de se spécialiser ensuite en biologie marine.

Mais l’attachement de Carolina au fenua va au-delà du cadre universitaire. « L’océan est plus qu’un décor. C’est une ressource, une source de vie, un patrimoine, une culture, des traditions. Et cette chance s’accompagne d’une responsabilité », estime-t-elle.
Un concours de beauté découvert sur Instagram
L’aventure Miss Planet International est arrivée presque par hasard. « J’ai une amie au Cambodge qui est assez connue dans le monde du mannequinat. Elle avait posté une story sur Instagram et j’ai découvert ce concours. »
En se renseignant, Carolina découvre une compétition différente des concours traditionnels, articulée autour des 17 objectifs de développement durable définis par les Nations unies. Chaque candidate choisit une cause à défendre. Pour elle, le choix était évident : l’objectif numéro 14, consacré à la vie aquatique.
« Ce qui m’a intéressée, c’était vraiment cet aspect écologique, plus que l’aspect beauté. Je veux mener un combat pour la protection de l’océan. »

Au-delà de cet engagement, la jeune femme se montre particulièrement sensible à une autre ambition portée par Miss Planet International : celle d’imaginer, à terme, un 18e objectif de développement durable. Et la candidate a déjà sa petite idée. « J’ai réfléchi à ce que pourrait être ce 18e objectif. Ce serait vraiment la reconnexion entre les personnes et l’océan, et plus largement avec la nature. Je suis persuadée que lorsque l’on est lié à quelque chose, lorsque l’on se sent connecté à quelque chose, on a naturellement davantage envie de le protéger. »
Elle se réjouit également du rayonnement qu’offre l’événement, suivi l’an dernier par plus d’un million de téléspectateurs. « C’est plutôt une voix que je veux porter : celle de la Polynésie française, mais aussi celle d’une jeune femme engagée. Plus qu’une Miss, finalement. »
« Mon cœur m’a amenée en Polynésie »
Bien qu’elle ne soit pas née au fenua, Carolina revendique son attachement profond à cette terre. « La vie a fait que je suis venue ici, que j’ai décidé de vivre ici et de m’y installer. Mon cœur m’a amenée en Polynésie. Ce sont la beauté de la Polynésie et les gens qui ont fait que je veux rester ici. »
Sa mère avait d’ailleurs été frappée par certaines similitudes humaines entre les deux cultures lors de sa venue au fenua : « La première fois qu’elle est venue en Polynésie, elle m’a dit qu’elle retrouvait cet amour qu’elle avait connu dans sa famille avant la guerre au Cambodge. »



Le concours de beauté revêtira également une dimension particulière pour Carolina, qui a vécu au Cambodge entre ses 7 et 10 ans. « J’ai une grande hâte de pouvoir retourner là-bas. »
Une équipe pour l’accompagner
Carolina sait qu’une telle aventure ne se prépare pas seule. « Les personnes qui nous entourent ont un rôle clé pour rester alignée sur les valeurs que l’on a choisies et vivre cet événement de manière positive », souligne-t-elle.
À commencer par son compagnon, Thibaud Regnier, devenu son manager. « Ça va demander beaucoup d’engagement de notre part », confie-t-il. « Il faut trouver des sponsors, les robes, le diadème, organiser les déplacements et la communication… Je vais l’accompagner tout au long de cette aventure. Je pense qu’il est primordial qu’elle puisse se consacrer à son concours pendant que je gère le reste. »
La préparation représente un travail conséquent. « Elle a besoin d’une vingtaine de robes pour tout le concours », précise-t-il.

Admiratif, il décrit sa fiancée comme « une personne solaire ». « Quand elle arrive dans une pièce, elle illumine. Elle a une douceur naturelle, une bienveillance et une intuition qui lui fait réussir tout ce qu’elle entreprend. »
Pour lui, son engagement pour l’environnement fait d’elle une ambassadrice légitime du fenua. « Nous sommes entourés d’océans et nous nous battons pour les protéger. Elle veut porter ce message à l’international pour réveiller encore plus les consciences. (…) J’en suis honoré et fier ». Et il l’affirme : « Elle a toutes ces chances pour gagner, c’est une très belle personne qui a de belles valeurs ».
Un costume inspiré de la culture polynésienne
Pour la partie artistique, Carolina peut compter sur le couturier Tamatoa Teriierooiterai, chargé de concevoir son costume national. « L’univers a fait que nos chemins se sont croisés pour ce projet qui s’annonce amusant », sourit-il.
La tenue mettra à l’honneur la culture polynésienne. « Il y aura énormément de matières naturelles, surtout venant d’ici. Pour l’instant, nous sommes dans la phase de recherche artistique, avec beaucoup de croquis et de prises de mesures. Viendra par la suite le choix de matériaux qui compléteront la tenue. »
Le couturier l’accompagne aussi sur les défilés et la démarche. « On travaille essentiellement sur la prestance scénique, la démarche et les poses. »
S’il ne parle pas de pression, il reconnaît un certain défi : « Le but est de représenter dignement la Polynésie au travers d’un costume national. C’est un challenge et une opportunité, mais ça reste avant tout une passion. »
Un travail sur la confiance en soi
Miss Tahiti 2024 et nouvellement fondatrice de Temanava Ateliers, Temanava Domingo, accompagne Carolina sur un tout autre plan : le bien-être et le développement personnel. « J’ai vu une jeune femme qui avait un rêve, qui avait envie d’oser », se rappelle-t-elle.
Son travail se concentre essentiellement sur l’aspect intérieur. « L’ayant vécu, je réalise à quel point c’est important de prendre en compte ce travail intérieur. On voit le résultat sur scène, mais on ne se rend pas compte de tous les freins auxquels on fait face en tant que candidate et en tant que femme. Ce sont parfois ces blocages qui nous empêchent de nous réaliser pleinement. »

Pour elle, le rôle du coach n’est pas de donner des réponses ou des conseils. « Je suis là pour créer un espace afin que la personne puisse se rendre compte que tout est déjà là pour y arriver. » Son ambition : permettre à Carolina « de rayonner sur scène en étant qui elle est tout simplement ». Son souhait : « Que les femmes puissent transformer leur regard et qu’elles puissent se rendre compte qu’elles ont toutes les ressources pour prendre leur place, pour avoir confiance en elles. Elles ont un potentiel, mais elles ne le voient peut-être pas encore. (…) Je pense que toutes ces thématiques de regard sur soi, le jugement de l’autre, prendre sa place… toutes les femmes le vivent. Il n’y a pas d’âge pour oser se rencontrer, pour apprendre à se connaître et avoir un regard sur soi différent. Parce que c’est ça qui compte finalement, c’est le regard que l’on porte sur soi ».
Pour l’heure, Carolina aborde l’échéance avec sérénité. « La Polynésie me porte dans un sens. Les gens sont très gentils, notamment sur les réseaux sociaux. Je suis sereine pour l’instant. Et c’est aussi pour ça que je suis entourée : pour que ça continue comme ça. »
En mars prochain, au Cambodge, c’est donc une première représentante de la Polynésie française qui prendra part à l’aventure Miss Planet International. Avec l’ambition de faire rayonner le fenua tout en portant un message en faveur de l’océan, qu’elle considère comme « une source de vie ».




