Le Port autonome est le poumon économique du Pays. 90 % des marchandises importées y transitent. Mais la nouvelle génération de porte-conteneurs, plus grands et plus chargés, nécessite des aménagements adéquats. Conçu dans les années 60, le quai au long cours atteint aujourd’hui ses limites.
« On a un terminal qui a une capacité de 46 000 conteneurs par an, et aujourd’hui on est à plus de 43 000. Donc on estime que dans 6 à 8 ans, on arrivera complètement à saturation », explique Laurent Goulet, chargé de mission au Port autonome.
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Pour éviter le seuil critique, le Port autonome prévoit d’étendre la zone sous douane dans le centre de Motu uta. Les travaux sont prévus dès l’an prochain. Un espace spécifiquement dédié aux conteneurs frigorifiques est prévu à la place d’entrepôts. Ils seront rangés sur des plateformes, comme dans de nombreux ports internationaux.
Chaque année 4 500 conteneurs frigoriques sont débarqués au port de Papeete. « Aujourd’hui, les conteneurs frigorifiques sont éparpillés un petit peu partout. La manière dont ils sont stockés dans cette zone prend beaucoup de place. Donc on va les regrouper dans une nouvelle zone, mais de manière beaucoup plus optimisée », indiqueLaurent Goulet.
Cette optimisation s’accompagnera d’une augmentation des prises électriques. Actuellement, le quai n’en compte que 160. Alors qu’il en faudrait le double. Ce que la nouvelle zone permettra d’offrir.
L’objectif n’est pas seulement de gagner de la surface, mais aussi d’améliorer l’organisation du terminal. Pour des raisons de sécurité, les flux de circulation entre les aconiers, les camions de livraisons et la clientèle seront repensés.
« Aujourd’hui, toutes les livraisons se font de ce côté-là du bâtiment qu’on appelle MAD, dans lequel sont dégroupées les marchandises. On va ségréguer les livraisons. On va faire de ce côté-là du bâtiment les livraisons de conteneurs pleins et de l’autre côté, les marchandises dépotées dans ces hangars », ajoute Laurent Goulet.

En parallèle, le quai du terminal fait peau neuve. Ses fondations sont renforcées avec des pieux, ancrés dans le fond de la rade. De quoi renforcer sa stabilité pour accueillir des navires plus grands et des charges plus lourdes.
« Avant, il y avait un problème de profondeur. On ne pouvait pas creuser devant pour faire rentrer les nouveaux porte-conteneurs, puisque les palplanches existantes étaient trop courtes. On avait aussi un problème de stabilité du quai ancien, compte tenu des charges que les grues sont amenées à porter. La dernière phase, c’est l’approfondissement de la souille du quai en même temps que l’approfondissement de la passe », annonce le directeur du Port autonome, Jean-Paul Le Caill.
Autre chantier stratégique : la construction d’un sixième quai de cabotage. Un investissement de plus de 4 milliards de francs, attendu début 2028. Il permettra d’accueillir les nouveaux navires de la flotte interinsulaire.
« On a à peu près une vingtaine de navires caboteurs qui desservent tous nos archipels. Et la flotte va grossir », souligne le ministre des Grand travaux, Jordy Chan, « donc rien que d’ici à 2027, on a quatre nouveaux navires qui vont arriver. On a le Dory II qui va arriver d’ici au milieu de cette année. On a aussi l’Aranoa et le Na Hiro e Paa qui vont arriver normalement début 2027. Et également le Nukuhau II qui va arriver normalement d’ici la fin de l’année 2027 ».
Ces deux chantiers de près de 8 milliards devraient permettre au port d’absorber la croissance du trafic pour les prochaines décennies.



