Avant la session administrative, rendez-vous de la dernière heure entre Temaru et Brotherson

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Une réunion avant le divorce officiel ? Comme il l'avait annoncé après la démission des quinze représentants du Tavini Huiraatira, Oscar Temaru a rencontré Moetai Brotherson en tête-à-tête à la présidence, ce lundi matin. Un échange organisé alors que les deux clans indépendantistes campent sur leurs positions, et que doit s'ouvrir, le 9 avril, une session administrative qui s'annonce sous haute tension.

Le face-à-face Oscar Temaru – Moetai Brotherson s’est tenu ce lundi matin, à 10 heures, à l’écart des médias, dans le bureau du président du Pays. Le metua, leader du Tavini Huiraatira, avait appelé de ses vœux cette discussion avec le chef de l’exécutif, pour tenter de trouver un terrain d’entente face à la crise politique majeure auquel son parti fait face.

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Car depuis la démission tonitruante de 15 représentants du parti, faisant voler en éclat la majorité du parti au pouvoir, le leader indépendantiste espère encore arranger les choses avec le président du gouvernement. Mais les principaux points de désaccord semblent trop bien ancrés, notamment sur la question de l’exploitation des ressources marines.

Avant ce rendez-vous, Moetai Brotherson a pris la parole en marge de l’ouverture de la deuxième édition du programme Pacific Genius, à l’école hôtelière de Punaauia. Le président du Pays disait s’attendre à un échange « sans faux semblants » et « dans le vif du sujet ».

Sur le fond, le chef de l’exécutif maintient sa ligne : « Il faut, à un moment donné, poser les choses sur la table. On ne peut pas continuellement avoir une union de façade. Une union, elle doit vraiment être sur des points d’accord. Et aujourd’hui, on a des points de désaccord qui sont très importants », réitère-t-il.

Au cœur des divergences, la vision même du chemin vers la souveraineté. Une ligne déjà exprimée par Tematai Le Gayic, premier à avoir publiquement claqué la porte du Tavini, après les Municipales. « On a le même objectif premier, qui est celui de l’accession de ce Pays à son indépendance. Mais pour certains, c’est une fin en soi. Pour moi, je l’ai toujours dit depuis que je me suis engagé en politique, l’indépendance, c’est un outil, c’est un moyen, c’est une étape », ajoute Moetai Brotherson.

Interrogé sur la réaction du président de l’Assemblée qui ne s’était pas privé de fustiger les démissionnaires, le lendemain de leur départ, le président répond qu’il n’a rien à lui répondre.
« Antony Géros n’est ni juge, ni procureur (…). Ce que je sais, c’est que depuis plus de deux ans, je n’ai cessé d’alerter à la fois Antony Géros, quand il était là, et Oscar Temaru (…) sur ces mécontentements au sein du groupe, à l’Assemblée (…) vis-à-vis du fonctionnement du groupe, vis-à-vis des orientations qui ont été données, et vis-à-vis surtout du manque de réponse de la part des dirigeants du groupe », affirme-t-il.

Des tensions dont il prend néanmoins ses distances en tant que chef de l’exécutif, assurant n’avoir « pas grand-chose à voir » avec ces griefs.

Tous les ingrédients pour une session administrative explosive, le 9 avril à Tarahoi, sont réunis. Elle verra le renouvellement des commissions intérieures de l’Assemblée, et devrait acter la constitution d’un second groupe indépendantiste. Les deux discours d’ouverture annonceront la couleur des futurs débats : celui d’Antony Géros, branche “radicale” du Tavini, en tant que président de l’Assemblée. Et celui de Moetai Brotherson, en tant que président du Pays.

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