Le gouvernement de la Polynésie française a indiqué dans un communiqué suivre de près les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient. Les perturbations observées dans le détroit d’Ormuz, principal passage maritime du pétrole mondial, ont entraîné une hausse notable des prix de l’essence sur les marchés internationaux. Une évolution déjà confirmée par les opérateurs économiques locaux.
Pour l’heure, le territoire reste relativement protégé grâce à ses mécanismes de régulation, notamment le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH). Mais le Pays n’exclut pas que la hausse du coût de l’énergie, notamment à la pompe, devienne inévitable si les tensions internationales devaient se prolonger.

Afin d’anticiper ces impacts, un collectif budgétaire doit être présenté à l’Assemblée de la Polynésie française d’ici le 20 mars prochain. Plusieurs mesures d’urgence sont envisagées pour amortir les effets de la crise.
Le gouvernement prévoit notamment d’abonder de 3 milliards de Fcfp le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures afin de limiter l’impact de la hausse des coûts de l’énergie. Le Fonds de lutte contre la cherté de la vie pourrait également être renforcé à hauteur de 2 milliards de Fcfp, tandis que 1 milliard de Fcfp serait consacré à des dispositifs de soutien aux entreprises.
Certaines structures stratégiques devraient aussi bénéficier d’un appui financier. Le plan prévoit ainsi 2,1 milliards de Fcfp pour Air Tahiti Nui afin de sécuriser la desserte aérienne internationale, 2 milliards de Fcfp pour le Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), ainsi que 2,2 milliards de Fcfp issus du Fonds intercommunal de péréquation (FIP), destinés aux communes.
En parallèle, des instructions ont été données pour renforcer la constitution de stocks stratégiques d’hydrocarbures, afin de garantir la continuité des services publics. Les services du Pays travaillent également en coordination avec les distributeurs de pétrole et de gaz pour sécuriser l’approvisionnement du territoire.
Dans ce contexte d’incertitude internationale, le gouvernement entend aussi poursuivre le développement de la production locale. Pour le président du Pays Moetai Brotherson, « la production et la transformation de nos produits locaux sont essentielles au peuple polynésien ».



