Le procès a débuté dans une ambiance tendue au palais de justice de Papeete où, proches de Manoa, et membres de la famille de l’adolescent qui lui aurait pris la vie, se sont fait face.
« Il y a énormément d’émotions (…) Les circonstances terribles, extrêmement violentes de cet assassinat font que c’est encore plus difficile », a soufflé Me Thibaud Millet, l’avocat de la mère de la jeune victime lors d’une suspension d’audience.
Le pénaliste a déploré le « comportement » de l’accusé qui a menti « tout le long » de la procédure. « Après avoir commis cet acte, il a encore entrepris de prendre contact avec la famille. Il a fait semblant de s’en inquiéter, alors que c’était lui l’auteur du meurtre. Vous imaginez un petit peu toute la charge émotionnelle que cela peut constituer », a-t-il ajouté.
Me Millet a aussi regretté que le « système de procédure pénale » ne permette pas aux proches de la victime de « s’adresser à l’auteur ». « Ça rend les choses encore plus intenses, encore plus terribles, encore plus frustrantes pour des parents » qui « ont bien conscience qu’ils n’auront pas une justice suffisante » : « Ils attendent beaucoup plus. On imagine tous, je pense, le sort qu’on voudrait réserver à celui qui a tué notre enfant ».
Pour Me Jean-Dominique Des Arcis, l’avocat du père de Manoa, le dossier n’est pas celui d’un vol de vélo qui aurait mal tourné : « On dit : ‘je vais voler. Mais j’irai jusqu’au bout pour voler. S’il faut aller au meurtre, j’irais au meurtre’ (…) Frapper à coup de marteau un enfant, il est certain qu’il y a une volonté de tuer derrière ».
Le procès doit s’achever ce mardi. Pour « meurtre aggravé », l’adolescent encourt une peine de 20 années de prison. Son grand frère, de 2 ans son aîné, sera pour sa part jugé au mois d’avril par la cour d’assises des mineurs.



