Les loueurs de voitures privés d’assurance auto

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L’inquiétude grandit dans le secteur de la location automobile. Le contrat d’assurance de plusieurs sociétés pourrait ne pas être renouvelé à sa date d’échéance. Et pour certaines, l’expiration est pour la fin de l’année. Les professionnels peinent à trouver des alternatives avec les compagnies du fenua. Sans couverture, impossible de continuer leurs activités. Eclairage.

Dans cette société de location, sur les 23 voitures de la flotte, la moitié ne sera plus assurée à la fin du mois de novembre. Le parc automobile est assuré par Poe Ma Insurance, courtier en assurance qui s’appuie sur la compagnie française Wakam.

Mais depuis le 25 septembre, Wakam a interdiction de renouveler ses contrats existants et d’en souscrire des nouveaux. Une décision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l’agent de surveillance des assurances.

 

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« On est embêté. On ne sait pas comment faire. Si on ne peut plus assurer nos véhicules, on ne peut plus les louer. Si on ne peut plus les louer, c’est l’activité tout entière qui est amenée à disparaître. On a quand même trois employés à temps plein. On loue un terrain. On s’est engagé au niveau des banques pour les crédits bancaires », déplore Carla Caramelli, la co-gérante de la société.

Cette situation concerne de nombreuses sociétés de location de Tahiti, Moorea, mais aussi des archipels.  Carla Caramelli est d’autant plus inquiète que plusieurs véhicules ont été achetés récemment en défiscalisation. Impossible donc les revendre.

 « La défiscalisation, il faut savoir que c’est 5 ans minimum avant de pouvoir revendre un véhicule. Et là, il y en a qui sont tout récents. Ça veut dire que pendant 5 ans, on ne pourra rien faire », dit-elle. 

Même inquiétude dans une autre petite entreprise qui possède 9 voitures. Plusieurs contrats arrivent à échéance d’ici à la fin de l’année. Sans renouvellement, les gérants ne peuvent pas confirmer les réservations pour les prochains mois. Portant, la demande de la clientèle est constante.

 « Sept véhicules sur neuf qui seront immobilisés, mais à côté de ça, les charges continueront à courir. Donc ça deviendra problématique si on n’a toujours pas de solution. En moyen terme, ça nous mettra en difficultés financières », souligne Tahia Piritua, la co-gérante.

Dans ce secteur d’activité, le marché de l’assurance reste limité au fenua. Plusieurs loueurs se tournent vers l’assureur Generali. Mais ce dernier n’accepterait plus de nouveaux contrats. Quant à Poe Ma Insurance, elle ne peut rien garantir, selon son directeur régional Yannick Cadet.

« Une contraction des capacités d’assurance« 

« Mon constat sur le marché polynésien, mais aussi sur le marché mondial, c’est qu’il y a une contraction des capacités d’assurance. Et ces contractions sont évidemment beaucoup plus visibles dans un marché comme le nôtre », explique-t-il.

« Les compagnies ont la liberté de sélectionner les risques en fonction de ce qu’elles savent faire, de ce qu’elles ont la capacité de faire ou pas. Et ça veut dire également qu’au niveau de la Polynésie, on a aujourd’hui moins de solutions d’assurance à proposer à nos clients », ajoute-t-il.

La location de voitures a connu un essor fulgurant ces dernières années : de 600 sociétés déclarées en 2023, le chiffre est passé à près de 1 500 en 2026.

Sans alternative pour souscrire ou renouveler un contrat d’assurance, les loueurs sont dans l’impasse. Certains ont déjà reçu des courriers leur signifiant la résiliation définitive de leur police. 

« On invite les professionnels à bien rester dans les clous, et à ne surtout pas mettre en circulation des véhicules qui ne seraient pas assurés. Au-delà des sanctions qui sont prévues par le Code de la route et la réglementation. Au-delà de ça, les conséquences peuvent être dramatiques en cas d’accident. Donc au niveau pénal, niveau également financier, ce sont plusieurs millions qui peuvent être recherchés », prévient Sandra Forlini, la directrice de la Direction des transports terrestres.

Selon Yannick Cadet, des compagnies d’assurances étrangères souhaitent proposer leurs produits, sur le marché polynésien. « L’assurance c’est vraiment quelque chose d’essentiel pour soutenir tout système économique. Aujourd’hui le marché est mondialisé et il faut donc avoir la capacité d’aller chercher les solutions d’assurance là où elles sont disponibles. Il y a des grandes places mondiales de l’assurance qui peuvent apporter des capacités qu’un assureur traditionnel ne peut pas nécessairement apporter », dit-il.

Mais comment connecter la Polynésie à ces places fortes de l’assurance ?  Dans la situation actuelle, la réforme du Code des assurances en Polynésie ne le permet pas.

« En Polynésie le phénomène il est accentué et je crains qu’il ne le soit encore plus à l’avenir, à plus fort raison, en l’état d’une réforme du Code des assurances qui n’est pas encore parfaitement stabilisée et qui ne permet pas aujourd’hui aux autorités d’étudier une demande d’agrément à un assureur étranger qui souhaiterait proposer des solutions d’assurance en Polynésie sans y installer directement une succursale », précise Yannick Cadet.

Pour les loueurs automobiles, l’urgence est immédiate. Sans assurance, plusieurs sociétés pourraient bientôt laisser une partie de leurs véhicules au parking. C’est toute une filière économique qui tourne au ralenti.

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