Les contrôles se poursuivent, mais certains conducteurs continuent d’écraser l’accélérateur. Ce vendredi matin, les motards de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) étaient mobilisés à la sortie du front de mer de Papeete, à environ 400 mètres de la RDO.
Équipés de radars mobiles, les policiers ont rapidement relevé le passage d’un véhicule à plus de 100 km/h, soit plus de 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée sur cet axe.
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Ces comportements sont régulièrement constatés dans le secteur. « Là, nous sommes sur un des points de contrôle de la circonscription de police, à Papeete particulièrement. Et sur ce point-ci, ces derniers temps, nous avons effectivement constaté de grands excès de vitesse, avec des vitesses dépassant largement les 110 km/h, et même un peu plus, puisque le maximum que l’on a pu constater la semaine passée était quand même de 133 km/h au lieu des 50 km/h prévus sur cet axe », indique Tamatea Tuheiava, chef du service territorial de sécurité publique à la DTPN.


Depuis le début de l’année, plus de 900 excès de vitesse ont été recensés en zone police, parmi lesquels une trentaine de grands excès. En Polynésie française, ces derniers restent des contraventions de cinquième classe, alors que dans l’Hexagone, le très grand excès de vitesse est devenu un délit dès la première infraction à la fin de l’année 2025.

Le contrevenant s’expose néanmoins à des poursuites judiciaires. Il peut être convoqué devant le délégué du procureur ou en audience correctionnelle et encourt une amende pouvant atteindre 180 000 francs, ainsi qu’une suspension du permis de conduire.
Le juge peut aussi imposer un stage de sensibilisation destiné à agir sur les comportements. Une mission assurée notamment par l’association Prévention routière.
« C’est notre but lors des stages. Enfin moi, c’est mon but en tout cas : faire prendre conscience à mes stagiaires que le simple fait d’aller trop vite, même sans alcool ni stupéfiants, peut entraîner des conséquences irréversibles, voire mortelles », souligne Tahanui Tetuanui, directrice adjointe de la Prévention routière et déléguée du procureur. « Des fois, malheureusement, c’est la fougue de la jeunesse, c’est l’ivresse de la vitesse aussi qui fait que l’on va adopter des comportements totalement irresponsables sur la route. »
Selon les services de l’État, la vitesse constitue le deuxième facteur d’accident mortel derrière l’alcool. Une combinaison particulièrement meurtrière pour les usagers de deux-roues.
Selon notre décompte, 28 personnes ont perdu la vie sur les routes polynésiennes depuis début 2026, dont près de la moitié au guidon d’un deux-roues.
« Si les limites de vitesse ont été mises, ce n’est pas pour rien. (…) Il faut impérativement que les gens lèvent le pied, qu’ils les respectent et qu’ils ne considèrent pas la route comme un terrain de jeu, encore une fois. C’est une route partagée par tout le monde, y compris parfois par des piétons qui sont amenés à la traverser. Donc, le respect de la vitesse, ça reste essentiel », insiste Tamatea Tuheiava.



