Steve Chailloux quitte le groupe A Fano Tià et dénonce une « rupture de confiance »

Publié le

Le représentant à l’Assemblée de la Polynésie française a annoncé, ce mardi, sa démission du groupe politique présidé par Tematai Le Gayic. Dans un courrier de trois pages, Steve Chailloux critique vivement le fonctionnement d’A Fano Tià et reproche au parti dirigé par Moetai Brotherson de ne pas placer la souveraineté politique et le droit à l’autodétermination au cœur de ses statuts.

Sa prise de position virulente contre Moetai Brotherson lors de la séance du 28 août dernier, n’était pas passée inaperçue. Cette semaine, la rupture de Steve Chailloux avec A Fano Ti’a est actée.

Ce mardi, dans un courrier adressé à Tematai Le Gayic et envoyé aux médias, il annonce sa démission du groupe A Fano Tià à l’Assemblée de la Polynésie française.

 

– PUBLICITE –

L’élu explique avoir profondément reconsidéré son engagement après les événements survenus depuis la scission avec le Tāvini Huiraatira et la création du parti A Fano Tià, aujourd’hui présidé par Moetai Brotherson.

Steve Chailloux revient notamment sur l’appel à la réconciliation lancé en juin par Oscar Temaru entre Antony Géros et Moetai Brotherson. Selon lui, cette tentative a échoué, et la responsabilité ne saurait incomber uniquement au président de l’Assemblée. « La réalité est pourtant, à mes yeux, beaucoup plus nuancée », écrit-il, affirmant vouloir répondre favorablement à l’appel du président du Tāvini.

Mais l’élu pointe surtout le contenu des statuts d’A Fano Tià. Il affirme que leur rédaction devait initialement être confiée à un groupe de travail réunissant techniciens et représentants à l’APF. Ce groupe n’aurait finalement jamais été constitué et les élus n’auraient reçu la nouvelle version des statuts qu’après plusieurs semaines d’attente.

À leur lecture, Steve Chailloux dit avoir découvert que le projet idéologique du parti s’articulait autour des souverainetés économique, alimentaire et énergétique, sans faire de la souveraineté politique ni du droit à l’autodétermination du peuple mā’ohi des principes fondateurs.

« Découvrir, après coup, que cette dimension essentielle ne figurait pas parmi les principes fondateurs du parti a profondément ébranlé la confiance que j’avais placée dans sa direction. Cette découverte a constitué, pour moi, une véritable rupture de confiance », écrit-il.

Le représentant adresse également de sévères critiques à Moetai Brotherson, dénonçant une attitude qu’il qualifie de « continuellement méprisante et dédaigneuse » envers les élus de l’Assemblée. Il évoque plus largement « une gouvernance fondée sur des décisions prises unilatéralement », ainsi qu’un manque de considération pour les avis et les propositions des représentants.

Steve Chailloux assure toutefois que ses convictions politiques restent inchangées. « Je demeure profondément indépendantiste et je continuerai à défendre, avec la même détermination, la souveraineté politique ainsi que le droit du peuple mā’ohi à l’autodétermination », conclut-il.

Steve Chailloux a réintégré le groupe Tavini à l’Assemblée de la Polynésie en attendant d’avoir l’accord du conseil fédéral pour revenir dans le parti bleu ciel.

Dernières news

A lire aussi