Les alertes se multiplient concernant la dégradation du service de santé publique au fenua. Les difficultés de recrutement touchent l’ensemble du territoire et plusieurs structures ont dû réduire ou réorganiser leur activité.
Après le syndicat des praticiens publics, c’est le « collectif des jeunes médecins du service public polynésien » qui tente de se faire entendre. Ce collectif de jeunes médecins « issus pour la grande majorité du cursus de médecine de l’UPF », publie ce mardi une tribune.
– PUBLICITE –
Ils exercent au CHPF, dans les établissements de la direction de la Santé ou dans l’Hexagone comme praticiens hospitaliers ou sont toujours dans le cursus universitaire dans les différents CHU métropolitains.Tous disent vouloir revenir exercer au fenua. « Lorsque vient le moment de choisir où exercer, cette envie se heurte pourtant à une réalité que nous ne pouvons pas ignorer, écrivent-ils. Nous regardons les postes proposés. Nous échangeons avec ceux qui sont déjà revenus. Nous voyons les postes qui restent vacants, l’isolement de certains confrères, les activités qui s’interrompent, les équipes qui se construisent puis se défont au rythme des arrivées et des départs.«
Les jeunes médecins pointent notamment du doigt le turnover « supérieur à 60 % » à l’hôpital de Taaone. « Lorsque le nombre de
contrats temporaires dits « hors-sol » passe de 93 à 215 en deux ans, il devient difficile de considérer cette instabilité comme provisoire. »
« Nous ne demandons pas qu’on nous convainque de revenir au fenua. Nous demandons que l’on construise un système dans lequel nous ayons envie de rester », déclarent ces jeunes médecins qui réclament de pouvoir récupérer après une garde, d’apprendre auprès de « confrères expérimentés », mais aussi de pouvoir faire de la recherche. Ils se disent « fiu de devoir sans cesse s’adapter aux manques, bricoler autour des postes vacants et faire comme si cela pouvait durer », « fiu de voir les équipes se défaire, les remplaçants se succéder et la transmission disparaître avec ceux qui repartent », fiu de voir les patients « subir les conséquences d’un système qui pourrait faire mieux ».
« Nous voulons revenir sans avoir le sentiment de sacrifier notre carrière, notre équilibre ou nos ambitions », déclarent-il dans cette tribune co-signée par 71 médecins.



