Le service public de santé en mode dégradé : les médecins publics alertent

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Urgences sous tension, postes vacants, médecins isolés... Le système de santé public se dégrade. Le syndicat de la profession, le SPPPF, alerte à nouveau. La réforme du statut des praticiens est attendue avec impatience . Le syndicat espère qu’’elle permettra de palier la crise d’attractivité qui menace la continuité des soins, au CHPF mais aussi dans les centres médicaux des îles.

Huahine, Uturoa, Taravao, ou encore les Tuamotu : les difficultés de recrutement dans le secteur public de la santé touchent l’ensemble du territoire. Plusieurs structures ont dû réduire ou réorganiser leur activité ces derniers mois.

Au CHPF, le manque de spécialistes fragilise la continuité des soins. Pour le Syndicat des praticiens publics, le fonctionnement en « mode dégradé » n’est plus exceptionnel. « Il y a eu une rupture de la continuité des soins dans quatre îles de la Polynésie française, ce qui est grave et qui met en jeu la sécurité des patients », estime le Dr Tony Tekuataoa, chef des Urgences du CHPF.

 

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Le syndicat attend donc avec impatience les conclusions du Pays sur la réforme statutaire des praticiens. Après plusieurs mois de discussions préparatoires et d’arbitrages politiques, un conseil supérieur de la fonction publique est attendu en octobre. « On n’a pour l’instant pas de date évidente. Et puis on attend aussi de voir quels veulent être les arbitrages. Nous, on a rendu une copie qui nous semble être parfaitement juste, qui a été travaillée avec le ministère de la Santé, pour arriver à un objectif simple, c’est de pouvoir recruter des professionnels de santé et aussi faire revenir nos enfants médecins au Fenua  pour avoir un avenir et un système de santé qui puisse tenir la route, en tout cas un système de santé public. »

Les chiffres du dernier concours de la fonction publique illustrent cette crise d’attractivité : 57 postes de praticiens hospitaliers étaient ouverts au CHPF. Seuls 22 candidats se sont présentés. « Surtout, c’est un message fort pour dire qu’il y a des locaux, il y a des médecins locaux qui sont actuellement en formation dans l’Hexagone ou alors qui sont déjà formés et ça montre qu’ils ne veulent pas rentrer, déclare Dr Tumatariri Cross, radiopharmacienne. Il y a 10 ans, on se bousculait pour bosser au CHPF. Vraiment, il y avait plusieurs candidats par poste.« 

Des îles au CHPF,  c’est toute la chaîne de soins qui doit retrouver de l’attractivité et de la stabilité selon le syndicat. Pour le Dr Jean-Marc Segalin, médecin responsable du centre du RAA à la direction de la Santé, « si tout se passe mal dans les îles, ça va forcément, à moyen terme, retentir sur l’hôpital : ça va multiplier les évasans, ça va multiplier les coûts. C’est une attitude illogique. Il faut absolument renforcer la couverture médicale dans les îles. On ne peut pas fidéliser des gens dans des endroits où ils vont être en permanence tout seuls.« 

Autre inquiétude, à l’approche de la saison chaude : comment agir si un évènement venait à se produire dans une île où l’offre médicale est réduite ? « Si on est déjà en effectif réduit, ça veut dire qu’on va tirer sur la corde pour soigner correctement la population. » prévient le Dr Tekuataoa.

Face à un mode dégradé , le Syndicat rappelle que l’engagement des équipes ne peut pas compenser indéfiniment le manque de personnel.

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